Pendant que l’OM se serre la ceinture et vend ses joueurs, son propriétaire s’apprête à injecter 260 millions d’euros dans l’équitation pour une nouvelle ligue de saut d’obstacles.
Le timing a de quoi faire grincer des dents à Marseille. Alors que l’OM traverse un été d’austérité, contraint de vendre pour équilibrer ses comptes, son propriétaire Frank McCourt s’apprête à sortir le chéquier… pour l’équitation. Selon Bloomberg, l’homme d’affaires américain va investir 300 millions de dollars, soit environ 260 millions d’euros, dans une nouvelle compétition de saut d’obstacles. Un contraste saisissant avec la rigueur imposée au club phocéen, qui n’a pas manqué d’interpeller les supporters.
Un projet équestre à 260 millions
L’investissement est colossal. Via son groupe McCourt Global, le propriétaire de l’OM va financer la Premier Jumping League, une ligue de saut d’obstacles au prize pot record de 300 millions de dollars, dont le coup d’envoi est prévu en mars 2027.
Le projet voit grand. Il prévoit seize équipes, quatorze sites répartis entre l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, et un vivier de 250 cavaliers parmi les meilleurs du monde. Deux franchises ont déjà été vendues 50 millions de dollars chacune.
Pour McCourt, ce n’est pas une lubie passagère. Passionné d’équitation de longue date, il avait déjà pris des parts dans un circuit majeur de la discipline en 2014. Ce nouvel engagement s’inscrit dans une stratégie assumée de diversification.
Le contraste qui agace à Marseille
Le rapprochement avec la situation de l’OM est inévitable. Depuis janvier, McCourt aurait déjà injecté environ 120 millions d’euros dans le club pour combler ses pertes, mais ne souhaiterait plus renflouer les caisses comme par le passé.
Résultat, l’OM vit un mercato sous contrainte, obligé de vendre plusieurs cadres et de réduire sa masse salariale. Une équation frustrante pour les supporters, résumée dans notre article sur le paradoxe financier du club.
Voir le même homme trouver 260 millions pour un projet extérieur nourrit forcément l’incompréhension. La colère est d’autant plus vive que la gestion passée du club est déjà vivement critiquée, comme l’a montré la récente sortie de Medhi Benatia.
Deux logiques bien distinctes
La nuance mérite toutefois d’être posée. Les fonds de la Premier Jumping League ne sont pas ceux de l’OM : il s’agit de deux investissements séparés, portés par McCourt Global et non par le club marseillais.
Autrement dit, l’argent destiné aux chevaux n’est pas pris dans les caisses de l’Olympique de Marseille. McCourt, dont la fortune reste considérable après avoir revendu les Dodgers pour deux milliards de dollars en 2012, gère ses différents projets séparément.
Reste un problème d’image et de priorités. Pour beaucoup de supporters, l’écart entre les moyens déployés ailleurs et la rigueur imposée à un club visant les sommets de la Ligue 1 passe mal. Un décalage qui pourrait peser sur la relation déjà fragile entre le propriétaire et le peuple marseillais.