Le gendarme financier du football français a sanctionné plusieurs clubs ce mardi 19 mai, dont une formation centenaire qui disparaît du paysage national.
C’est une page d’histoire qui se ferme. Ce mardi 19 mai 2026, la Commission Fédérale de Contrôle des Clubs de la DNCG a tranché. Et le verdict est tombé brutalement pour Wasquehal FC : exclusion des compétitions nationales. Un club fondé en 1924, qui a joué six saisons en Ligue 2, qui a formé Alassane Pléa, qui s’est offert deux affiches mythiques face au PSG en Coupe de France. Cent un ans d’existence balayés par une liquidation judiciaire. Et ce n’est pas le seul. L’AS Monaco Football Féminin est rétrogradée aussi. Voici tout ce qu’il faut retenir d’une journée noire pour le football français.
Wasquehal, la chute d’un siècle d’histoire
L’épilogue était écrit. Placé en liquidation judiciaire en mars 2026 par le tribunal de commerce de Lille Métropole, le Wasquehal FC vivait depuis des semaines sur un fil. Le club nordiste avait pourtant assuré son maintien sportif en National 2, qui devait même se transformer en National 1 la saison prochaine avec la création de la Ligue 3.
Mais le sportif ne peut rien contre les finances. La DNCG a exclu le club des compétitions nationales, malgré son ticket gagné sur le terrain. Le couperet est cruel pour les supporters, qui voyaient leur club passer de drames financiers en sursis depuis 2016 et la liquidation de la Société d’économie mixte qui le gérait alors.
Wasquehal, c’est un nom qui résonne dans le foot français. Six saisons en Ligue 2 entre 1997 et 2002 sous statut professionnel. Un 32e de finale de Coupe de France contre le PSG en janvier 2016, perdu sur un but de Zlatan Ibrahimovic. Une école de formation reconnue, qui a vu passer Alassane Pléa, aujourd’hui international tricolore. Et un président, Régis Helle, arrivé en 2026 pour tenter de sauver le navire. Trop tard.
L’AS Monaco féminin, une rétrogradation qui interroge
L’autre dossier marquant de la séance vient de la Principauté. L’AS Monaco Football Féminin est rétrogradé administrativement, en plus de sa relégation sportive. Un coup dur pour la section féminine du Rocher, qui évoluait en D3 Féminine et basculera donc encore plus bas dans la pyramide.
Un petit geste, un grand changement. Pour un club aussi prestigieux et financièrement solide que l’AS Monaco côté masculin, voir sa structure féminine subir une telle sanction soulève des questions sur les moyens alloués au foot féminin par certaines grandes institutions. Le FC Kingersheim, en D1 Futsal, subit le même sort.
Les autres décisions du jour
Toutes les formations passées devant le gendarme financier n’ont pas connu le même sort. Plusieurs clubs ont vu leur budget validé sans condition. Andrézieux-Bouthéon FC et l’AS Furiani-Agliani, deux pensionnaires de N2, peuvent souffler. Idem pour l’EA Guingamp Féminines, qui évolue en Seconde Ligue et qui obtient le feu vert pour la saison à venir.
D’autres s’en sortent avec un encadrement de leur masse salariale. C’est le cas du FC Limonest Dardilly-Saint-Didier (N2) et du Nice Futsal Club (D1 Futsal). Une mesure qui n’est jamais agréable, mais qui permet de poursuivre l’aventure dans son championnat actuel.
Deux clubs, enfin, vivent dans l’incertitude : l’ASC Biesheim et le FC Rousset SVO, tous deux en N2, ont vu leur dossier mis en sursis à statuer. La DNCG demande à voir plus clair avant de trancher. Une seconde audience permettra de fixer leur sort dans les semaines à venir.
Une DNCG plus ferme que jamais
La séance du 19 mai s’inscrit dans une dynamique de fermeté du gendarme financier français. Depuis plusieurs saisons, la DNCG multiplie les sanctions et n’hésite plus à frapper fort, y compris contre des clubs historiques. La rétrogradation administrative de l’OL en Ligue 2 en juin dernier avait fait grand bruit. Celle de Bordeaux en N2 il y a deux ans avait marqué les esprits.
Aujourd’hui, c’est Wasquehal qui paie le prix d’une gestion financière intenable. Pour le club nordiste, l’avenir s’écrira désormais loin des projecteurs nationaux, dans les divisions régionales. Une chute vertigineuse, mais malheureusement classique dans le paysage du foot amateur français, où la fragilité économique guette des dizaines de structures.
Le foot français face à son miroir
Au-delà de la liste des sanctions, ce 19 mai 2026 raconte un système. Celui d’un football français qui doit constamment composer avec la dureté économique, l’écart grandissant entre les clubs pros et les structures amateurs, et l’épée de Damoclès financière qui pèse sur des institutions parfois centenaires.
Pour les supporters de Wasquehal, ce mardi restera comme une date noire. Un club fondé l’année où Sécember signait son premier doublé en coupe contre Dunkerque, et qui s’éteint en 2026 sur une décision administrative. La page se tourne. Reste l’espoir, peut-être, d’une renaissance par le bas. Le foot français en a vu d’autres. Wasquehal pourrait bien, un jour, écrire un nouveau chapitre.
Les décisions prises par la DNCG
- Accepte le budget en l’état : Andrézieux-Bouthéon FC (N2), AS Furiani-Agliani (N2), EA Guingamp Féminines (Seconde Ligue)
- Encadrement de la masse salariale : FC Limonest Dardilly-Saint-Didier (N2), Nice Futsal Club (D1 Futsal)
- Sursis à statuer : ASC Biesheim (N2), FC Rousset SVO (N2)
- Rétrogradation administrative en plus de la relégation sportive : FC Kingersheim (D1 Futsal), AS Monaco FF (D3 Féminine)
- Exclusion des compétitions nationales : Wasquehal FC (N2)