Manchester City : Guardiola furieux, on lui a volé son adieu

Gabriel Gromellon

19 mai 2026 17h00

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Manchester City : Guardiola furieux, on lui a volé son adieu

Crédit Photo - IconSport

L’entraîneur espagnol enrage contre la fuite médiatique qui a révélé son départ avant qu’il ne puisse le faire lui-même.

Une réunion téléphonique en pleine nuit, des excuses aux joueurs, et une colère sourde contre la presse. La scène raconte tout : Pep Guardiola n’avait pas prévu ça comme ça. Alors que toute l’Angleterre a appris lundi soir son départ de Manchester City à la fin de la saison, le technicien catalan, lui, voyait son scénario d’adieu lui échapper. Ce mardi soir, il joue à Bournemouth. Dimanche, il recevra Aston Villa pour ce qui ressemble désormais à son tout dernier match. Et au lieu de préparer une sortie maîtrisée, il doit gérer la fuite et la stupeur de son vestiaire. Le perfectionniste qu’il est ne s’en remettra pas facilement.

Une fuite qui change tout

Le timing était impossible. Lundi soir, The Athletic dégaine. La BBC suit. Le Daily Mail confirme. En quelques heures, l’info parcourt l’Angleterre : Pep s’en va, Maresca arrive. Sauf que l’intéressé, lui, n’avait pas prévu de communiquer maintenant. Selon The Sun, Guardiola voulait choisir son moment, attendre la fin du championnat, voire la parade prévue le 25 mai pour célébrer la FA Cup.

Au lieu de ça, il a dû agir dans l’urgence. Dans la nuit de lundi à mardi, il a convoqué ses joueurs pour une réunion téléphonique d’urgence. « Pep est furieux du timing, juste avant un match. Il a confirmé son départ. Il s’est excusé pour la manière dont l’information a été divulguée. Cela l’a pris par surprise », rapporte le tabloïd britannique. Une phrase qui dit tout sur le sentiment du Catalan : trahi par les fuites, contraint d’avancer son calendrier, et inquiet pour la concentration de ses joueurs.

Le vestiaire sous le choc

Pour les Cityzens, l’effet est cataclysmique. Les joueurs n’avaient été mis au courant que samedi dernier, en interne. Soit trois jours avant que toute l’Angleterre ne l’apprenne par les médias. Un petit geste, un grand changement. En quelques heures, un groupe rodé depuis des années à la rigueur de Pep s’est retrouvé bombardé d’interrogations sur l’avenir, juste avant deux matchs cruciaux.

Et quels matchs. Ce mardi soir, Manchester City se déplace à Bournemouth dans l’espoir de garder une chance infime sur le titre. Avec deux points de retard sur Arsenal après la victoire des Gunners contre Burnley, les Cityzens doivent gagner et espérer un faux pas. Mais comment rester focus quand on apprend par la presse que son coach s’en va ?

L’ombre de Maresca déjà partout

Pendant que Pep tente de tenir le navire, son successeur est déjà identifié. Enzo Maresca, ancien adjoint de Guardiola, libre depuis son éviction de Chelsea en janvier, a un accord de principe jusqu’en 2028 avec une année en option. L’Italien connaît parfaitement la maison : il a entraîné les U21 du club en 2020-2021 avant d’épauler Pep en 2022. Le scénario était écrit depuis l’automne, avec trois réunions secrètes entre Maresca et la direction de City.

Cette préparation en coulisses est sans doute ce qui a le plus blessé Guardiola. Le technicien catalan a toujours revendiqué un contrôle absolu sur ses sorties. Au Barça en 2012, au Bayern en 2016 : à chaque fois, il avait choisi le moment et la manière. Cette fois, le club a anticipé sans lui. Et la presse a tout balancé avant qu’il ne puisse parler.

Bournemouth ce mardi, Aston Villa dimanche : deux derniers actes

Devant les caméras, Guardiola n’a pas encore officiellement confirmé son départ. Samedi dernier, après la finale de FA Cup gagnée 1-0 contre Chelsea, il avait esquivé d’un sourire les questions de Laura Woods sur TNT Sports : « Quelles rumeurs ? Passez une bonne soirée. » Une pirouette typique du Catalan, qui se savait alors le seul à maîtriser le calendrier.

Ce mardi soir au Vitality Stadium, il devra forcément s’expliquer. La conférence de presse d’après-match s’annonce électrique. Et dimanche, à l’Etihad, face à Aston Villa, ce sera la cérémonie d’adieu. Une cérémonie partiellement gâchée par la fuite, mais qui restera celle d’un homme ayant remporté 20 trophées en dix ans, dont six titres de Premier League et une Ligue des champions.

Une sortie qui résume une époque

Quelque part, cette sortie chaotique raconte aussi l’époque. Le football moderne ne laisse plus rien filer en silence. Tout fuite, tout se vend, tout s’anticipe. Même pour un Pep Guardiola, l’un des entraîneurs les plus respectés au monde, impossible de garder secret un départ de cette ampleur.

Reste à savoir comment le Catalan rebondira. Sélection nationale ? Année sabbatique ? Retour au Barça à plus long terme ? Les pistes ne manquent pas. Mais avant tout cela, il a deux matchs à jouer. Avec un groupe sous le choc et un vestiaire qui doit digérer une nouvelle qu’il aurait dû apprendre autrement. À Bournemouth ce soir, Pep Guardiola devra faire ce qu’il fait depuis vingt ans : gagner. Même quand tout est en train de lui échapper.