Football amateur : 1 300 bénévoles à l’honneur, ces héros de l’ombre que le foot français célèbre

Gabriel Gromellon

26 mai 2026 10h25

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Football amateur : 1 300 bénévoles à l’honneur, ces héros de l’ombre que le foot français célèbre

Crédit Photo - IconSport

La 26e Journée Nationale des Bénévoles a réuni des centaines de passionnés au Stade de France pour les remercier de leur engagement.

Ils ne marquent pas de buts, n’apparaissent jamais à la télévision, mais sans eux le football français s’arrêterait net. Les vendredi 22 et samedi 23 mai 2026, la Fédération française de football a célébré ses bénévoles lors de la 26e Journée Nationale qui leur est dédiée. Au total, 1 300 femmes et hommes venus de toute la France ont été mis à l’honneur. On l’oublie souvent, mais derrière chaque club de quartier, chaque match du dimanche, il y a une armée de passionnés qui œuvrent gratuitement. Voici l’histoire de ces invisibles indispensables.

Les petites mains qui font tourner le football

Le football professionnel et ses stars occupent toute la lumière. Mais la réalité du football français se joue ailleurs, dans les 12 000 clubs que compte la Fédération. Et ces clubs ne tiennent debout que grâce à leurs bénévoles.

Certains sont des visages ou des voix bien connus des licenciés. D’autres agissent dans la plus grande discrétion. Tous partagent le même moteur : la passion. Dirigeants, accompagnateurs, gestionnaires, organisateurs de buvette, lessiveurs de maillots : ils forment le maillon essentiel sans lequel rien ne fonctionnerait. La FFF a tenu à le rappeler en leur consacrant deux journées entières de célébration.

Une tradition née il y a près de trente ans

Cette Journée Nationale des Bénévoles n’a rien d’une nouveauté. Elle existe depuis 1998, et la cuvée 2026 marquait déjà sa 26e édition. Une longévité qui témoigne de l’importance accordée par le football français à ses forces vives.

Un petit geste, un grand changement. À l’origine de cette initiative, un homme : Jean-Pierre Escalettes, ancien président de la Fédération française de football. Sa disparition, survenue le 14 avril 2026, a donné à cette édition une résonance particulière. En célébrant ses bénévoles, le football français rendait aussi, indirectement, hommage à celui qui avait imaginé ce rendez-vous.

Une soirée de gala au Stade de France

Pour ces 1 300 bénévoles, issus de toutes les ligues régionales et de tous les districts, le programme avait des allures de rêve. Le vendredi soir, ils ont pris place dans les tribunes du Stade de France pour assister à deux finales majeures.

D’abord la finale de la Coupe Gambardella, remportée par le Paris Saint-Germain face à Montpellier (3-2). Puis la grande finale de la Coupe de France, qui restera dans l’histoire : le RC Lens y a décroché le premier sacre de son existence en dominant l’OGC Nice (3-1). Une soirée de football à haute intensité, vécue depuis les gradins par ceux qui font vivre le ballon rond au quotidien.

Un déjeuner festif aux côtés des sélectionneurs

Le lendemain, samedi, place à la convivialité. Les bénévoles avaient rendez-vous au Palais des Sports Robert Charpentier, à Issy-les-Moulineaux, pour un déjeuner festif. Un moment d’échange et de partage, loin des terrains.

Et les invités de marque ne manquaient pas. Accueillis par les discours de Philippe Diallo, président de la FFF, et de Claude Delforge, président de la Ligue du Football Amateur, les bénévoles ont pu croiser Didier Deschamps et son staff. Le sélectionneur des Bleus était accompagné de ses homologues : Gérald Baticle pour les Espoirs, Raphaël Reynaud pour le Futsal, et Émilie Trimoreau pour l’équipe de France Féminine Futsal.

Récompenser pour mieux fidéliser

Au-delà de la fête, cette journée répond à un véritable enjeu. Le bénévolat est un pilier fragile : il repose sur la bonne volonté de personnes qui donnent leur temps sans contrepartie. Maintenir cet engagement et motiver de nouvelles vocations est devenu une priorité pour le football français.

Pour être convié à cet événement, les bénévoles devaient d’ailleurs justifier d’une réelle ancienneté, généralement plusieurs années d’engagement comme dirigeant licencié. Une manière de récompenser la fidélité et la constance. La journée a aussi été l’occasion de remettre les trophées des territoires innovants, valorisant les clubs porteurs de projets originaux.

Le vrai visage du football français

Au fond, cette Journée Nationale des Bénévoles raconte une autre histoire du football, loin des transferts à plusieurs millions et des projecteurs de la Ligue des champions. Une histoire faite de dévouement, de week-ends sacrifiés et d’amour du jeu.

Pendant que les stars enchaînent les Coupes du monde, ce sont ces 1 300 anonymes, et les milliers d’autres qu’ils représentent, qui permettent à des enfants de chausser les crampons chaque samedi. En les célébrant au Stade de France, le football français a envoyé un message simple mais fort : ses véritables héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Et sans eux, le plus populaire des sports ne serait plus tout à fait le même.