Récompensée lors de la Journée Nationale des Bénévoles, cette dirigeante de l’ES Marigny témoigne de son engagement et de ce qu’il lui apporte.
Ils sont des dizaines de milliers à faire vivre le football amateur, dans l’ombre, sans jamais réclamer la lumière. Lors de la 26e Journée Nationale des Bénévoles, organisée par la Fédération française de football les 22 et 23 mai 2026, 1300 bénévoles ont été convié au Stade de France. Jessica, bénévole à l’ES Marigny, dans le Loiret, a accepté de raconter son week-end de récompense, son quotidien au club et sa vision d’un engagement qui a changé sa vie. Un témoignage qui en dit long sur ces passionnés indispensables.
Un week-end vécu comme un vrai remerciement
Pour Jessica, les deux journées passées à Paris resteront un souvenir fort. « J’ai vécu ce week-end comme un vrai remerciement pour toutes les personnes dans l’ombre », confie-t-elle. Une reconnaissance qui touche celles et ceux qui donnent de leur temps sans contrepartie.
Le programme avait de quoi marquer les esprits. La soirée au Stade de France, d’abord, avec les finales de coupe vécues dans une ambiance électrique. Puis le déjeuner du lendemain, ponctué par le discours de Philippe Diallo, le président de la FFF, et par l’hommage rendu à Didier Deschamps. « C’était émouvant », résume-t-elle. Mais s’il ne devait rester qu’une image de ce week-end, ce serait celle-ci : « Les supporters lensois au Stade de France. » La ferveur d’un public, gravée en mémoire.
Un engagement à temps plein, du baby-foot aux seniors
Derrière cette parenthèse festive se cache un quotidien bien rempli. Au sein de l’ES Marigny, son club du Loiret, Jessica occupe le poste de secrétaire adjointe et de responsable de la communication. En semaine, elle gère les réseaux sociaux du club, sur Facebook et Instagram, à distance, puisqu’elle vit à 48 kilomètres de Marigny.
Un petit geste, un grand changement. Le week-end, elle troque le clavier pour le bord des terrains. Photographe du club, elle aide aussi les coachs pour la feuille de match informatisée, officie comme arbitre de touche ou endosse le rôle de déléguée de match selon les besoins. Et ce, pour toutes les catégories, du baby-foot aux seniors. Un investissement total, qui illustre la polyvalence quotidienne des bénévoles.
Une vocation née d’une passion contrariée
Son histoire avec le bénévolat a débuté il y a plus de dix ans. « Je suis devenue bénévole à 21 ans, en 2014 », raconte Jessica. À l’époque, des problèmes de santé l’empêchent de pratiquer le football. Plutôt que de renoncer, elle choisit de rester dans ce monde autrement.
Avec son frère, elle crée alors un club de football, qu’ils feront vivre pendant huit saisons, d’abord avec une équipe senior masculine, puis une seconde. Une aventure exigeante, faite de traçage de terrain, de recherche de sponsors, de réunions de district et d’entretien des installations. Faute de temps, le club a finalement fermé ses portes en 2022. Jessica est alors revenue comme dirigeante dans le club de son enfance, l’ES Marigny.
Ce que le bénévolat lui a appris
Si elle poursuit cet engagement, c’est par conviction profonde. « Je reste bénévole parce que je suis convaincue qu’être bénévole t’apprend des valeurs importantes et te fait rencontrer de belles personnes », explique-t-elle. Et d’ajouter une jolie formule : « On donne de notre temps, et la vie nous le rend. »
L’impact, elle le mesure aussi sur le plan personnel. Le bénévolat l’a aidée à dépasser sa timidité, à gagner en confiance en elle et en répartie. Une véritable école de vie, loin de l’image parfois négative véhiculée sur le football amateur. « Les médias parlent souvent du négatif, mais en tant que bénévole, on voit bien plus de positif que de négatif », tient-elle à souligner.
Un appel à oser franchir la porte des clubs
Alors que le bénévolat peine parfois à recruter de nouvelles vocations, le message de Jessica se veut encourageant. « Il faut oser pousser la porte des clubs », lance-t-elle. Selon elle, chacun peut y trouver sa place, en fonction de ses compétences et de ses envies.
Elle rappelle aussi qu’il existe des formations pour progresser et monter en compétence. Le bénévolat n’est pas réservé à des initiés : c’est un univers ouvert, accessible, qui sait accueillir et faire grandir. « C’est une aventure humaine exceptionnelle », conclut-elle.
Les héros discrets du football français
Au fond, ce témoignage incarne parfaitement l’esprit de la Journée Nationale des Bénévoles. Derrière chaque match du dimanche, derrière chaque équipe de jeunes, il y a des femmes et des hommes qui donnent leur temps sans compter.
Photographes, secrétaires, arbitres de touche, traceurs de terrain : ces bénévoles sont le socle invisible du football amateur. En célébrant Jessica et les autres bénvoles au Stade de France, la FFF a rappelé une évidence trop souvent oubliée. Sans ces passionnés de l’ombre, le plus populaire des sports ne pourrait tout simplement pas exister. Et leur engagement, comme le résume cette dirigeante du Loiret, est avant tout une magnifique histoire humaine.