Barrage Ligue 1 : Nice privé de deux cadres face à Saint-Étienne, un départ qui va coûter cher

Gabriel Gromellon

28 mai 2026 14h28

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Barrage Ligue 1 : Nice privé de deux cadres face à Saint-Étienne, un départ qui va coûter cher

Crédit Photo - IconSport

Pour le match retour décisif, l’OGC Nice devra faire sans Hicham Boudaoui, blessé, ni Ali Abdi, parti rejoindre la Tunisie sans autorisation.

La soirée de tous les dangers se profile, et elle s’annonce compliquée. Ce vendredi 29 mai 2026, l’OGC Nice reçoit Saint-Étienne pour le barrage retour qui décidera de son maintien en Ligue 1. Mais les Aiglons devront se passer de deux joueurs importants. Hicham Boudaoui, victime d’un choc à la tête, est soumis à un protocole commotion. Quant à Ali Abdi, il a tout simplement quitté le club pour rejoindre la sélection tunisienne, sans l’accord de Nice. Un départ qui va lui valoir une sanction. Décryptage d’un casse-tête tombé au pire moment.

Boudaoui forfait pour raison médicale

Le premier coup dur est purement physique. Lors du match aller, disputé mardi à Geoffroy-Guichard et soldé par un 0-0, Hicham Boudaoui a reçu un choc violent au visage dès les premières minutes. Le milieu algérien de 26 ans avait dû céder sa place prématurément.

Conséquence directe : le joueur doit désormais respecter un protocole commotion, qui l’empêche de tenir sa place lors du match retour. Une absence lourde de sens. Boudaoui est considéré comme l’un des joueurs les plus complets de l’entrejeu niçois, un relayeur précieux dont l’expérience aurait été déterminante dans un match aussi tendu. Claude Puel devra composer sans son meilleur milieu.

Ali Abdi, un départ qui fait des vagues

La situation du second absent est d’une tout autre nature. Le latéral tunisien Ali Abdi, 32 ans, a été convoqué par sa sélection pour préparer la Coupe du monde 2026 aux États-Unis. Les Aigles de Carthage faisaient le forcing depuis plusieurs jours pour le récupérer au plus vite.

Un petit geste, un grand changement. Entré en jeu à la pause lors du match aller, Abdi a finalement choisi de rejoindre sa sélection, sans obtenir l’accord de l’OGC Nice. Un départ unilatéral, en pleine bataille pour le maintien, que le club azuréen n’a pas du tout apprécié. La direction niçoise a donc décidé de sanctionner son joueur pour avoir quitté l’équipe sans autorisation.

Un imbroglio autour des dates FIFA

Pour comprendre la colère niçoise, il faut se pencher sur un point de règlement. Le barrage aller-retour entre Nice et Saint-Étienne tombe en pleine période réservée aux dates FIFA, durant laquelle les sélections nationales ont en théorie la priorité pour utiliser leurs internationaux.

Sauf que le club s’est appuyé sur une subtilité réglementaire. Selon le règlement de la FIFA, les fédérations doivent notifier leurs convocations aux clubs au moins quinze jours avant le début de la mise à disposition, fixée au 25 mai. La date limite était donc le 10 mai. Or, les convocations de l’Algérie et de la Tunisie ayant été transmises trop tard, Nice estimait avoir le droit de conserver ses Mondialistes. C’est précisément pour cette raison que le club a décidé de sanctionner Ali Abdi, qui est parti malgré ce point de règlement.

Une bataille administrative en coulisses

Ce dossier a donné lieu à un véritable feuilleton dans les coulisses du club. L’OGC Nice avait passé plusieurs jours à négocier au cas par cas avec chaque fédération concernée pour tenter de garder ses internationaux pour les deux rencontres décisives.

Le club avait même adressé un courrier aux instances pour faire valoir ses droits, s’estimant lésé par la programmation de ces barrages sur des dates FIFA. Certains internationaux niçois, comme les Sénégalais Antoine Mendy et Yehvann Diouf, avaient obtenu l’autorisation de rester. Mais pour Abdi, le bras de fer avec la Tunisie a finalement tourné court, le joueur ayant tranché en faveur de sa sélection.

Un contexte déjà électrique pour Nice

Ces deux absences viennent s’ajouter à une semaine déjà cauchemardesque pour le club azuréen. Quatre jours après avoir perdu la finale de la Coupe de France, Nice doit gérer une sanction disciplinaire alourdie en appel par la FFF, avec un huis clos imposé pour ce barrage retour.

Privé de son public, privé de deux cadres, le club traverse une zone de turbulences maximale au pire moment de sa saison. Les Aiglons, qui n’ont plus connu la Ligue 2 depuis la saison 2001-2002, jouent gros ce vendredi. Et ils devront le faire dans des conditions particulièrement défavorables.

Saint-Étienne en embuscade

Face à un Nice diminué, Saint-Étienne tient peut-être là une occasion en or. Les Verts, troisièmes de Ligue 2, rêvent de retrouver l’élite après l’avoir manquée de peu. Le 0-0 du match aller laisse tout ouvert, et l’affaiblissement de l’effectif niçois pourrait jouer en leur faveur.

Au fond, cette situation illustre le casse-tête récurrent entre calendrier des clubs et obligations internationales, exacerbé par l’approche de la Coupe du monde. Pour Nice, l’addition est salée : un joueur blessé, un autre parti, un stade vide. Reste à voir si les Aiglons trouveront les ressources pour surmonter cette accumulation de coups durs. Vendredi soir, à l’Allianz Riviera, leur saison se jouera dans des conditions qu’ils n’auraient jamais voulu connaître.