Nice : Les supporters bannis de leur propre ville, trois jeunes virés… la semaine noire du Gym continue

Gabriel Gromellon

28 mai 2026 15h24

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Nice : Les supporters bannis de leur propre ville, trois jeunes virés… la semaine noire du Gym continue

Crédit Photo - IconSport

Entre un arrêté préfectoral inédit visant ses supporters dans leur propre ville et une affaire de violences au centre de formation, le club azuréen vit une fin de saison cauchemardesque.

Il y a des semaines que l’on voudrait oublier. À l’OGC Nice, celle-ci restera comme l’une des plus noires de l’histoire récente du club. À quelques heures d’un barrage capital pour son maintien en Ligue 1, le club azuréen croule sous les mauvaises nouvelles, et aucune ne concerne vraiment le jeu. Une affaire de violences au centre de formation d’un côté, un arrêté préfectoral inédit interdisant aux supporters de circuler dans leur propre ville de l’autre. Plongée dans une fin de saison hors norme, où le terrain semble presque devenu un détail.

Une affaire de violences au centre de formation

Le premier coup dur ne vient ni du groupe professionnel ni des résultats. Selon les informations de L’Équipe, trois jeunes joueurs du centre de formation de l’OGC Nice seraient en passe d’être licenciés du club. La raison est grave : ils auraient agressé physiquement un autre pensionnaire de l’académie, un joueur de la catégorie U15.

Un petit geste, un grand changement. Selon le récit du quotidien sportif, la scène se serait déroulée il y a quelques semaines. À la suite d’une dispute survenue dans la salle de sport de l’académie, deux joueurs s’en seraient pris à leur jeune camarade, avant d’être rejoints par un troisième. Les images auraient été captées par les caméras de vidéosurveillance du centre.

Une plainte déposée, des contrats menacés

L’affaire a pris une tournure judiciaire. Toujours selon L’Équipe, le père du jeune garçon, né en 2011 et présentant de nombreuses contusions, a décidé de porter plainte. Une démarche qui souligne la gravité présumée des faits.

Du côté du club, la réaction aurait été ferme. Les trois agresseurs présumés ont été convoqués, et leurs contrats devraient être résiliés. Avant que cette décision ne devienne effective, le règlement impose toutefois un passage par une procédure de conciliation auprès de la LFP, qui devrait se tenir début juin. Une affaire embarrassante, qui ternit l’image de la formation azuréenne.

Un arrêté préfectoral du jamais-vu

Comme si cela ne suffisait pas, le club fait face à une situation inédite concernant ses supporters. Pour le barrage retour face à Saint-Étienne, prévu ce vendredi 29 mai à l’Allianz Riviera, le préfet des Alpes-Maritimes a signé un arrêté pour le moins surprenant.

Déjà interdits de tribunes pour deux matchs en raison des incidents survenus contre Metz, les supporters niçois se voient désormais interdits de circuler dans leur propre ville. L’arrêté restreint la liberté d’aller et venir de toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’OGC Nice, ou se comportant comme tel. Du vendredi midi au samedi 2 heures du matin, l’accès au stade, à ses abords et au centre d’entraînement leur est formellement interdit.

Un texte qui ne laisse aucune place à l’interprétation

La formulation de l’arrêté est particulièrement large. Le simple fait de se comporter comme un supporter niçois suffit à tomber sous le coup de l’interdiction. Mieux vaut donc éviter le maillot du Gym, un chant trop enthousiaste, ou même de laisser transparaître son amour du club au détour d’une conversation.

Le périmètre concerné englobe plusieurs axes majeurs autour du stade et du centre d’entraînement, délimités par plusieurs boulevards et avenues. Les autorités estiment que la présence de supporters sur la voie publique ferait courir un risque réel et sérieux de trouble à l’ordre public. Sont également proscrits dans la zone les engins pyrotechniques, les produits inflammables et tout objet pouvant servir de projectile.

Un précédent juridiquement fragile

Ce type de mesure a déjà été contesté par le passé. En 2022, avant un quart de finale de Coupe de France entre Nantes et Bastia, un arrêté préfectoral avait interdit la présence de supporters nantais dans le centre-ville de Nantes. L’Association nationale des supporters avait alors obtenu son annulation pour illégalité, la notion de centre-ville étant jugée trop imprécise.

Reste à voir si l’arrêté niçois résistera à un éventuel recours. Pour justifier sa décision, la préfecture s’appuie sur une longue liste d’incidents impliquant les ultras niçois ces dernières années, dont l’envahissement de terrain contre Metz et les violences en marge de la finale de la Coupe de France, qui avaient conduit à 65 gardes à vue.

Un climat sécuritaire maximal

Le contexte sécuritaire justifie, selon les autorités, ce niveau de vigilance exceptionnel. La rencontre a été classée à haut risque par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, soit le niveau 4 sur 5. La préfecture invoque également le plan Vigipirate au niveau urgence attentat et l’impossibilité de mobiliser davantage de forces de l’ordre.

La préfecture rappelle aussi qu’après une défaite contre Lorient en novembre, des supporters s’étaient rendus au centre d’entraînement pour s’en prendre à des joueurs. Un épisode qui pèse lourd dans la décision de verrouiller totalement les abords du club ce vendredi.

Le maintien en jeu, dans une ambiance surréaliste

Au milieu de ce tumulte extra-sportif, il y a tout de même un match à jouer. Et pas n’importe lequel. Après le 0-0 du barrage aller à Geoffroy-Guichard, Nice doit absolument se qualifier pour conserver sa place dans l’élite. Le perdant de cette double confrontation basculera en Ligue 2.

Mais les Aiglons aborderont ce rendez-vous dans une atmosphère irréelle : stade vide, abords bouclés, supporters consignés, et un club secoué en interne. Privé de plusieurs cadres et de tout soutien populaire, Nice devra puiser dans ses seules ressources mentales pour éviter une chute qu’il n’a plus connue depuis la saison 2001-2002. Une fin de saison cauchemardesque, qui pourrait virer au drame sportif. Ou, au contraire, forger un exploit dans l’adversité.