Pendant que le champion d’Europe passe le contrôle financier sans aucune réserve, Marseille tremble en attendant le verdict de l’UEFA et son audition.
Deux clubs, deux mondes. Ce mardi 9 juin 2026, la Commission de contrôle des clubs professionnels de la DNCG a rendu une nouvelle série de décisions. Et le contraste est saisissant entre les deux plus grands rivaux du football français. D’un côté, le Paris Saint-Germain, fraîchement sacré champion d’Europe, valide ses comptes sans la moindre sanction. De l’autre, l’Olympique de Marseille, qui n’était pas encore concerné par cette session, vit des semaines d’angoisse entre l’UEFA et son passage à venir devant le gendarme financier. Décryptage d’un fossé qui dépasse largement le terrain.
Le PSG passe l’examen sans accroc
Commençons par le champion. Pour le Paris Saint-Germain, le verdict de la DNCG est tombé, clair et net : aucune mesure prise à l’égard du club. Le double champion d’Europe en titre a donc validé son budget sans la moindre réserve, ni encadrement, ni restriction.
Un petit geste, un grand changement. Pour le club de la capitale, ce feu vert n’a rien d’une surprise. Porté par des finances solides et des revenus considérables, encore gonflés par son parcours victorieux en Ligue des champions, le PSG aborde la saison à venir en position de force absolue. Sur le plan sportif comme sur le plan comptable, le club parisien n’a actuellement aucun nuage à l’horizon.
L’ESTAC et plusieurs clubs de Ligue 2 sereins
Le PSG n’est pas le seul à avoir passé l’audition du jour sans encombre. L’ESTAC Troyes, en Ligue 1, a également vu son dossier validé sans aucune mesure prise à son encontre. De quoi préparer la saison l’esprit tranquille.
Côté Ligue 2, plusieurs clubs peuvent aussi pousser un grand ouf de soulagement. Le FC Nantes, Grenoble Foot 38, Rodez Aveyron Football et le Stade de Reims ont tous reçu un feu vert sans condition. Aucune sanction, aucun encadrement pour ces formations, qui valident sereinement leur budget pour l’exercice 2026-2027. Une journée plutôt clémente, donc, pour les clubs auditionnés ce mardi.
L’OM, le grand absent qui retient son souffle
Mais l’attention se porte surtout sur le grand rival du PSG, pourtant absent du relevé du jour. Car si Paris valide tranquillement ses comptes, l’Olympique de Marseille vit, lui, l’un des mois de juin les plus stressants de son histoire récente. Et son sort se joue sur deux fronts.
Le club phocéen a en effet obtenu le report de son audition devant la DNCG, désormais fixée au 18 juin. L’objectif affiché : gagner du temps pour réaliser des ventes et présenter des comptes plus présentables. Une stratégie de prudence, qui en dit long sur l’inquiétude régnant du côté du Vélodrome.
157 millions d’euros de pertes accumulées
Les chiffres expliquent cette angoisse marseillaise. Selon la DNCG, l’OM a enregistré environ 157 millions d’euros de pertes nettes cumulées sur les trois dernières saisons. Une trajectoire en forte dégradation, avec 12,7 millions de pertes en 2022-2023, 39,1 millions en 2023-2024, puis un vertigineux trou de 105 millions en 2024-2025.
Or, le club s’était engagé en 2022, dans le cadre d’un accord avec l’UEFA, à ne pas dépasser un déficit de 60 millions d’euros sur cette période. Le dépassement est donc massif. Pour se défendre, Marseille invoque la crise des droits télévisés en France, qui a fragilisé l’ensemble des clubs de Ligue 1. Un argument qui repose toutefois sur des facteurs extérieurs, alors que le fair-play financier vise la discipline budgétaire interne.
L’épée de Damoclès de l’UEFA
Au-delà de la DNCG, c’est surtout l’UEFA qui fait trembler Marseille. La commission de contrôle financier des clubs de l’instance européenne examine actuellement le dossier de l’OM, avec un verdict attendu de manière imminente. Et les sanctions possibles sont lourdes.
Selon L’Équipe, plusieurs scénarios sont sur la table : une simple amende, une limitation du nombre de joueurs sur les listes européennes, une interdiction de recrutement, voire l’exclusion pure et simple de la Ligue Europa la saison prochaine. Ce dernier scénario, le plus redouté, constituerait un coup dur sportif et financier majeur pour un club qui a justement besoin de liquidités.
Un effet domino qui fait des envieux
L’incertitude marseillaise intéresse plusieurs autres clubs français. En cas d’exclusion de l’OM, c’est tout l’échiquier européen tricolore qui serait redessiné. Et certains pourraient en profiter directement.
Selon les projections relayées par plusieurs médias, l’AS Monaco, actuellement en barrages de Ligue Conférence, basculerait directement en phase de ligue de la Ligue Europa. Dans la foulée, le RC Strasbourg récupérerait un ticket pour les barrages de la Ligue Conférence. Le Stade Rennais, déjà qualifié, ne verrait pas sa situation modifiée. Un effet domino qui transformerait le malheur marseillais en aubaine pour ses voisins.
Le symbole de deux trajectoires opposées
Au fond, ce contraste entre le PSG et l’OM dépasse largement le cadre d’une simple audition financière. Il symbolise deux trajectoires diamétralement opposées au sommet du football français.
D’un côté, un PSG qui domine l’Europe, validé sans la moindre réserve, et qui aborde l’avenir en position de force. De l’autre, un OM qui multiplie les déficits, dépend de décisions extérieures et joue son avenir continental dans les bureaux de l’UEFA et de la DNCG. Le rapport de force entre les deux grands rivaux n’a peut-être jamais été aussi déséquilibré, sur le terrain comme dans les colonnes des comptes. Pour Marseille, les prochains jours s’annoncent décisifs. Et le verdict pourrait peser lourd sur toute la saison à venir.