Apparue dans les tableaux officiels de la FIFA, la colonne « points de fair-play » pourrait départager les égalités… et la France part avec une longueur d’avance.
Vous l’avez peut-être remarqué en consultant les classements de ce Mondial. À côté des points, des buts et de la différence de buts, une nouvelle colonne a fait son apparition : « PFP ». Trois lettres énigmatiques qui intriguent les supporters. Et si cette donnée, en apparence anecdotique, finissait par décider du sort d’une nation ? Alors que le Mexique vient de filer en seizièmes, ce détail réglementaire mérite qu’on s’y attarde. Car il pourrait peser lourd dans la dernière journée de poules.
PFP, trois lettres pour la discipline
Derrière ce sigle se cache une notion simple : les « points de fair-play ». La FIFA les fait désormais figurer sur ses classements officiels pour mesurer le comportement disciplinaire de chaque équipe.
Un petit geste, un grand changement : un carton anodin en début de tournoi peut, au bout du compte, faire basculer une qualification. Le décompte s’appuie sur les avertissements et expulsions reçus par les joueurs, mais aussi par les membres du staff.
Comment fonctionne le barème
Le calcul est strictement encadré par le règlement de la compétition. Chaque sanction retire des points selon une échelle précise : un carton jaune coûte un point, un deuxième jaune ou une expulsion indirecte en coûte trois.
La note grimpe pour les fautes les plus lourdes. Un carton rouge direct retire quatre points, tandis qu’un jaune suivi d’un rouge direct en enlève cinq. Plus une équipe est sanctionnée, plus son total plonge dans le négatif.
L’Afrique du Sud, mauvaise élève du tournoi
Pour l’instant, un nom se détache en bas de tableau. Avec un total de -12, l’Afrique du Sud est l’équipe la plus pénalisée de la compétition à ce stade.
En cause, principalement, deux cartons rouges directs encaissés dès le match d’ouverture face au Mexique, complétés par plusieurs avertissements lors du nul contre la Tchéquie. Un boulet disciplinaire qui pourrait coûter cher aux Bafana Bafana en cas d’égalité serrée.
La France, élève modèle à zéro pointé
À l’opposé, les Bleus affichent une copie immaculée. Après leur victoire face au Sénégal, aucun joueur français n’avait écopé du moindre carton, laissant leur total bloqué à zéro.
Un atout discret mais potentiellement décisif. C’est l’une des raisons pour lesquelles, au-delà du fair-play, les hommes de Didier Deschamps ont tout intérêt à soigner leur classement, comme l’explique cet éclairage sur les raisons qui poussent les Bleus à viser la première place.
À quel moment ces points entrent en jeu
Encore faut-il comprendre quand ce critère s’active. Le fair-play n’intervient pas en premier. La FIFA départage d’abord les équipes à égalité par leurs confrontations directes, puis par la différence de buts générale et le nombre de buts marqués.
Ce n’est qu’une fois ces critères épuisés que les points de fair-play entrent en scène, en sixième position. Si l’égalité persiste encore, c’est le classement mondial FIFA qui tranche, en remontant si besoin aux éditions précédentes.
Un précédent douloureux en mémoire
Ce mécanisme n’a rien de théorique. Il rappelle un épisode resté en travers de la gorge de nombreux supporters africains : en 2018, le Sénégal avait été éliminé au profit du Japon, départagé par un nombre d’avertissements plus élevé.
Une première dans l’histoire de la compétition, qui avait fait débat. La leçon a manifestement été retenue, puisque la FIFA affiche désormais cette donnée noir sur blanc, rendant l’enjeu visible de tous.
Un trophée et 50 000 dollars à la clé
Le fair-play ne sert pas qu’à départager. Il alimente aussi une récompense spécifique : le trophée de l’équipe la plus fair-play du tournoi, décerné par la FIFA et son sponsor.
À la clé, une enveloppe de 50 000 dollars, soit un peu moins de 44 000 euros. Ce classement parallèle prend en compte des critères plus larges, valorisant le jeu offensif et le respect de l’adversaire, et pénalisant l’antijeu, les pertes de temps ou les simulations.
Le Mexique montre la voie
En attendant que ces calculs deviennent décisifs, le Mexique a pris les devants. Vainqueur de la Corée du Sud sur le plus petit des écarts, El Tri est devenu la première sélection qualifiée pour les seizièmes, avec en prime la première place du groupe A.
Pour les autres, tout reste à faire, et chaque carton comptera. La suite du calendrier, à suivre dans le classement actualisé de la compétition, dira si cette fameuse colonne « PFP » finira par jouer les arbitres. Une chose est sûre : mieux vaut, désormais, garder son sang-froid sur la pelouse.