Stéphanie Frappart change de dimension : la pionnière française prend les rênes de l’arbitrage européen

Gabriel Gromellon

25 juin 2026 21h15

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Stéphanie Frappart change de dimension : la pionnière française prend les rênes de l’arbitrage européen

Crédit Photo - IconSport

L’arbitre tricolore a été nommée responsable de l’arbitrage de l’UEFA, une promotion majeure pour celle qui a déjà brisé tant de plafonds de verre.

Et si la plus grande consécration de Stéphanie Frappart se jouait loin des pelouses ? Celle qui a multiplié les premières dans le monde de l’arbitrage vient de franchir un cap décisif dans sa carrière. Ce jeudi, l’UEFA a officialisé sa nomination au poste de responsable de l’arbitrage. Une promotion de prestige, qui place la Française au cœur des décisions du football européen. À 42 ans, l’ancienne arbitre de terrain s’apprête à diriger, désormais, celles et ceux qui tiennent le sifflet. Retour sur une nomination historique.

Un rôle stratégique au sommet

La mission qui attend Stéphanie Frappart est de taille. Au sein de la commission des arbitres de l’UEFA, elle contribuera au développement stratégique de l’arbitrage sur le continent.

Un petit geste, un grand changement : elle aura aussi son mot à dire dans la désignation des arbitres pour les compétitions européennes, dans le contrôle de leur performance et dans leurs conseils techniques. Un poste d’influence majeur, loin du simple symbole.

Elle succède à Dagmar Damková

La Française n’arrive pas en terrain inconnu. Elle intègre une commission présidée par l’Italien Roberto Rosetti, figure reconnue de l’arbitrage mondial, qui compte plusieurs autres membres.

Stéphanie Frappart y succède à la Tchèque Dagmar Damková, que l’instance a chaleureusement remerciée pour sa contribution ces dernières années. Une transition entre deux femmes au plus haut niveau de la gouvernance arbitrale européenne.

Une carrière jalonnée de premières

Si l’UEFA lui confie ces responsabilités, c’est aussi pour son parcours hors norme. Arbitre internationale depuis 2010, Frappart a dirigé plus de cent rencontres sous l’égide de l’instance européenne.

Surtout, elle a fait tomber les barrières une à une. Première femme à arbitrer en Ligue 1 en 2019, lors d’un Amiens-Strasbourg, elle a ensuite officié en Supercoupe d’Europe la même année, puis en Ligue des champions fin 2020. Des accomplissements qui ont marqué l’histoire de son sport.

Le sommet atteint au Mondial 2022

Le point d’orgue de sa carrière de terrain restera l’année 2022. Stéphanie Frappart est alors devenue la première femme à arbitrer une rencontre en phase finale de Coupe du monde masculine.

Une consécration planétaire, qui a fait d’elle un symbole bien au-delà des frontières françaises. Elle n’avait toutefois pas été retenue pour officier lors de ce Mondial 2026, ce qui rend cette nouvelle nomination d’autant plus significative pour la suite de son parcours.

Un symbole pour tout l’arbitrage

Cette promotion dépasse le seul cas de Stéphanie Frappart. Elle illustre la place grandissante des femmes dans les instances dirigeantes du football, longtemps restées des bastions masculins.

Elle envoie aussi un signal aux jeunes arbitres, dans un univers en pleine évolution, comme le montre la récente promotion de nouveaux arbitres en Ligue 1. Le métier se transforme, et Frappart en incarne désormais le visage le plus emblématique.

Une nouvelle vie à écrire

En passant du terrain aux bureaux de Nyon, Stéphanie Frappart entame un nouveau chapitre. Son expérience de l’élite sera précieuse pour accompagner les arbitres dans un football toujours plus exigeant et scruté.

Reste à transformer cette expertise en influence concrète, dans un secteur où les règles évoluent vite, à l’image des nombreuses nouveautés expérimentées lors de ce Mondial. Une chose est sûre : Stéphanie Frappart n’a pas fini de marquer l’histoire de l’arbitrage.