Dominateurs mais longtemps maudits, les Lions de l’Atlas ont arraché leur qualification au terme d’une séance irréelle (1-1, 2-3 t.a.b).
Quelle nuit à Monterrey. Au terme d’un combat haletant, le Maroc a éliminé les Pays-Bas pour rejoindre les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Dominateurs durant presque tout le match, les Lions de l’Atlas ont pourtant dû s’employer jusqu’au bout, après avoir égalisé dans le temps additionnel, puis survécu à une séance de tirs au but à rebondissements. Un succès au caractère et à la solidarité, qui propulse les Marocains vers un nouveau défi. Récit d’une soirée à suspense.
Un Maroc dominateur mais maudit
Sur le terrain, il n’y a longtemps eu qu’une équipe. Portés par un public mexicain acquis à leur cause, les Lions de l’Atlas ont multiplié les occasions, butant sur un Bart Verbruggen exceptionnel dans les buts néerlandais.
Un petit geste, un grand changement : Hakimi a même trouvé la barre transversale d’un missile, tandis que le gardien batave repoussait tout. Malgré cette domination, le Maroc ne parvenait pas à concrétiser, et la rencontre restait bloquée.
Le contre froid des Pays-Bas
Comme souvent dans ces matchs, la sanction est venue contre le cours du jeu. À la 72e minute, sur un contre éclair, les Néerlandais ont fait mouche.
Lancé par Crysencio Summerville, Cody Gakpo a conclu d’une frappe puissante pour ouvrir le score. Un coup dur pour des Marocains qui avaient pourtant fait le plus dur, et qui voyaient leur rêve s’éloigner.
Un but chargé d’émotion pour Gakpo
La célébration de l’attaquant néerlandais a pris une dimension bouleversante. En larmes, Cody Gakpo a été longuement enlacé par ses coéquipiers.
Le joueur traverse en effet une épreuve personnelle terrible, ayant récemment perdu son enfant à naître, comme nous l’évoquions avec le plus grand respect pour sa famille. Une image forte, qui rappelle que le football côtoie parfois l’intime et la peine.
Diop, le sauveur dans le money-time
Mais le Maroc n’a jamais cessé d’y croire. Et sa persévérance a fini par payer, au tout dernier moment.
Dans le temps additionnel, à la 90e+1, sur un centre millimétré de l’entrant Talbi, le défenseur Issa Diop a surgi pour égaliser d’une tête imparable. Son premier but sous le maillot marocain, au moment le plus crucial, qui envoyait les deux équipes en prolongation.
Une prolongation à sens unique
Les trente minutes supplémentaires ont confirmé la tendance. Le Maroc a continué de pousser, tout proche de faire la différence.
Mais une nouvelle fois, Verbruggen s’est dressé sur sa route, avec un arrêt phénoménal devant Soufiane Rahimi, qui restera comme l’arrêt du tournoi. Faute de vainqueur, le sort de cette qualification s’est joué aux tirs au but, comme un peu plus tôt pour Allemagne-Paraguay.
Une séance de tirs au but folle
La séance restera dans les annales pour son intensité. Les ratés se sont succédé des deux côtés, dans une tension extrême.
Mais dans ce duel de gardiens, c’est Yassine Bounou qui s’est montré le plus fort, perturbant les tireurs néerlandais et repoussant plusieurs tentatives. C’est finalement Ismaël Saibari, le héros offensif du Maroc dans ce Mondial, qui a transformé le tir au but décisif.
Un huitième face au Canada
Place désormais à un nouveau rendez-vous pour les Lions de l’Atlas. En huitièmes de finale, ils affronteront le Canada, tombeur de l’Afrique du Sud.
Le pays-hôte, qui a lui aussi écrit l’histoire en se qualifiant, constituera un adversaire à ne pas sous-estimer. Ce choc est à retrouver dans le calendrier de la compétition. Le Maroc, lui, continue de porter haut les couleurs du football africain.