ASSE, Nantes, Reims en Ligue 2 : pourquoi beIN Sports tient le jackpot que la chaîne n’avait pas vu venir

Gabriel Gromellon

5 juillet 2026 18h17

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ASSE, Nantes, Reims en Ligue 2 : pourquoi beIN Sports tient le jackpot que la chaîne n’avait pas vu venir

Crédit Photo - IconSport

À un mois de la reprise, le patron des antennes de beIN Sports dévoile sa stratégie pour un championnat qui prend des airs de Ligue 1 déguisée.

On imagine souvent la Ligue 2 comme le petit frère discret du football français. Cette saison, elle a plutôt des allures de salon VIP. Saint-Étienne, Nantes, Reims, Metz, Montpellier, Sochaux : jamais l’antichambre de l’élite n’avait rassemblé autant de clubs à l’histoire XXL. Et si le vrai gagnant de ce plateau de rêve était… la chaîne qui le diffuse ? Chez beIN Sports, diffuseur exclusif du championnat, on ne cache pas son enthousiasme. Mais on rappelle aussi qu’un tel casting ne se commande pas.

Un plateau de gala tombé du ciel

Un petit geste, un grand changement : il aura suffi de quelques relégations et de barrages ratés pour transformer la Ligue 2 en vitrine.

Nantes et Metz débarquent de l’élite, l’ASSE entame sa cinquième saison hors de la Ligue 1 en six ans, pendant que Reims, Guingamp ou Nancy complètent un tableau taillé pour l’intensité. Le coup d’envoi est fixé au 8 août, avec un choc immédiat : Sochaux reçoit les Verts pour la première journée.

Directeur des antennes de beIN Sports, Florent Houzot assume l’aubaine sans s’en attribuer le mérite dans une interview à Onze Mondial. Il souligne que ce sont les dynamiques sportives, les montées et les descentes, qui dessinent chaque saison. Et rappelle que s’engager sur un cycle de quatre à cinq ans, c’est aussi accepter le risque d’une cuvée plus terne.

Cette année, le pari est gagnant. La chaîne, qui diffuse la Ligue 2 depuis 2012, tient l’un de ses plus beaux plateaux.

Le pari du week-end étalé

Derrière l’engouement, il y a une mécanique bien huilée. beIN Sports a investi 40 millions d’euros par saison pour verrouiller 100 % de la compétition jusqu’en 2029, un montant inédit dans l’histoire du championnat.

En échange, la chaîne a repensé la diffusion. Fini le samedi unique à 15h : le multiplex se joue désormais le vendredi soir, complété par deux affiches le samedi après-midi, une grande rencontre le samedi à 20h et un match le lundi. Une répartition qui a d’abord froissé une partie des ultras, avant que la contestation ne s’apaise.

Houzot défend un choix concerté avec la Ligue et les clubs, et non une décision imposée. Selon lui, la plupart des joueurs et dirigeants préfèrent le vendredi pour libérer leur week-end, quand les supporters, eux, réclamaient davantage de matchs le samedi.

La grande affiche du samedi soir revient souvent à des clubs à forte résonance nationale. Saint-Étienne, Nantes ou Lens y trouvent naturellement leur place, portés par un public qui déborde largement leur région. Le mercato des cadors de Ligue 2 promet déjà quelques étincelles.

Ligue 1 out, Coupe de France sécurisée

Ce recentrage sur la Ligue 2 s’accompagne d’un choix fort en haut de l’affiche. La saison prochaine, beIN Sports ne diffusera plus son match hebdomadaire de Ligue 1, un partenariat qui lui coûtait plus de 80 millions d’euros. La LFP récupère ce créneau pour sa plateforme Ligue 1+.

En parallèle, la chaîne a verrouillé un autre morceau du patrimoine tricolore. Elle diffusera l’intégralité de la Coupe de France dès les 32es de finale jusqu’en 2030, un accord scellé avec la Fédération française.

Le message est clair : beIN Sports resserre ses investissements sur les compétitions qu’elle juge les plus rentables et les plus fidélisantes. Depuis 2012, le diffuseur revendique plus d’un milliard et demi d’euros versés au football professionnel français.

Pour l’ASSE et ses rivaux, cette stabilité a un mérite concret : leurs matchs seront tous visibles, chaque week-end, sur une chaîne qui compte bien faire de cette Ligue 2 son produit d’appel. Reste à voir si les Verts sauront saisir cette vitrine pour enfin retrouver l’élite.