Bouaddi, Ounahi, Hakimi : le Maroc tient-il la meilleure génération de son histoire ?

Gabriel Gromellon

5 juillet 2026 10h00

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Bouaddi, Ounahi, Hakimi : le Maroc tient-il la meilleure génération de son histoire ?

Crédit Photo - IconSport

Demi-finaliste du Mondial 2022, de nouveau en quarts de finale en 2026, le Maroc ne cesse de confirmer son statut de référence du football mondial. Entre cadres installés et pépites comme Ayyoub Bouaddi, la sélection marocaine dispose peut-être aujourd’hui de sa génération la plus riche. Analyse.

Il fut un temps où une nation africaine en quarts de finale de Coupe du monde relevait de l’exploit isolé. Le Maroc en a fait une habitude. Après avoir marqué l’histoire au Qatar en devenant la première sélection du continent à atteindre le dernier carré d’un Mondial, les Lions de l’Atlas ont récidivé en 2026 en se qualifiant pour les quarts, premier pays africain à valider son billet à ce stade. Derrière cette régularité, une question revient : cette équipe est-elle la meilleure que le Maroc ait jamais alignée ?

De 2022 à 2026, une montée en puissance confirmée

Le point de bascule porte une date : décembre 2022. Sous la houlette de Walid Regragui, le Maroc élimine la Belgique, l’Espagne puis le Portugal avant de s’incliner en demi-finale face à la France. Quatrième d’un Mondial, la sélection change alors de dimension. Ce parcours n’était pas un feu de paille. Quatre ans plus tard, aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le Maroc confirme en franchissant les tours. Les Lions de l’Atlas éliminent d’abord les Pays-Bas en seizièmes, aux tirs au but après un match nul arraché dans le temps additionnel par Issa Diop, puis dominent le Canada 3-0 en huitièmes, portés par un doublé d’Azzedine Ounahi et un but de Soufiane Rahimi.

Cette continuité au plus haut niveau est rare pour une sélection africaine. Elle traduit la maturité d’un groupe qui a gagné en expérience sans se renouveler brutalement, tout en intégrant de nouveaux talents. C’est précisément ce mélange qui nourrit le débat sur la qualité de cette génération.

Hakimi, Ounahi, Bounou : l’ossature de l’expérience

Au cœur de cette équipe, plusieurs cadres incarnent la continuité avec l’épopée de 2022. Achraf Hakimi, capitaine et latéral du Paris Saint-Germain vainqueur de la Ligue des Champions 2025, en est le leader. Ses montées sur le côté droit constituent l’une des principales armes offensives marocaines. Dans les buts, Yassine Bounou reste une référence, tandis qu’Azzedine Ounahi, révélation de 2022 aujourd’hui à Gérone, s’est imposé comme le dépositaire du jeu. Son doublé face au Canada a rappelé son importance dans l’entrejeu.

Autour d’eux gravitent Sofyan Amrabat, Nayef Aguerd, Noussair Mazraoui ou encore Brahim Diaz, passé au Real Madrid. Cette colonne vertébrale, forgée par les grands rendez-vous, donne au Maroc une stabilité que peu de sélections africaines peuvent revendiquer.

Ayyoub Bouaddi, le visage de la nouvelle vague

Si cette génération suscite autant d’attentes, c’est aussi grâce à sa relève. Le symbole en est Ayyoub Bouaddi. Né à Senlis en 2007, formé au LOSC, le milieu de terrain a longtemps porté les couleurs des équipes de France de jeunes, dont il fut capitaine chez les Espoirs. En mai 2026, après un long feuilleton et une validation du Tribunal arbitral du sport, il a officiellement choisi de représenter le Maroc, le pays de ses origines. Un choix que la Fédération française a tenté d’éviter, en mobilisant jusqu’à Zinédine Zidane, sans succès.

À 18 ans, Bouaddi est déjà considéré comme l’un des plus grands espoirs du football mondial à son poste. Son président à Lille, Olivier Létang, refuse de fixer un prix mais le compare aux transferts récents de milieux comme Sandro Tonali ou Elliott Anderson, vendus entre 115 et 135 millions d’euros, laissant entendre que sa pépite vaudrait davantage encore. Sa valeur marchande officielle, estimée autour de 50 millions d’euros, pourrait donc être largement dépassée lors du prochain mercato d’été, alors que le PSG et plusieurs clubs de Premier League se sont positionnés. Aux côtés de Bilal El Khannous, Eliesse Ben Seghir ou Bilal Nadir, Bouaddi illustre la profondeur de la formation marocaine et de sa diaspora.

Une formation qui change de dimension

La réussite marocaine ne doit rien au hasard. Elle repose sur un investissement massif dans la formation, symbolisé par l’Académie Mohammed VI de football, qui produit désormais des joueurs de niveau international. À cela s’ajoute une politique assumée d’intégration de la diaspora, ces binationaux formés en Europe qui choisissent les Lions de l’Atlas. Lors de son entrée en lice au Mondial 2026, le Maroc a même aligné onze joueurs nés à l’étranger, une illustration parlante de ce modèle.

Le renouvellement se lit aussi sur le banc. Après le départ de Walid Regragui, c’est Mohamed Ouahbi qui dirige la sélection depuis mars 2026. Fort d’un titre de champion du monde U20 remporté quelques mois plus tôt avec les jeunes Marocains, il incarne la passerelle entre les générations.

Alors, la meilleure génération de l’histoire du Maroc ?

La réponse penche vers le oui, à condition de bien définir les termes. En résultats bruts, aucune équipe marocaine n’avait fait mieux que la demi-finale de 2022, confirmée par un nouveau quart en 2026. En densité d’effectif, le vivier actuel, entre cadres aguerris et pépites courtisées par les plus grands clubs, dépasse celui des générations précédentes, y compris celle de Mustapha Hadji et Noureddine Naybet à la fin des années 1990. Le débat reste ouvert pour les nostalgiques, mais les faits plaident pour l’équipe actuelle.

Reste le juge de paix : un titre majeur incontesté. Une finale de Coupe du monde ou une CAN gagnée sans contentieux ferait basculer le débat définitivement. En attendant, le Maroc continue d’écrire son histoire. Pour suivre la suite de son parcours, retrouvez notre programme TV de la Coupe du monde 2026 et le classement de la Coupe du monde 2026.

Bon à savoir

Quel est le meilleur parcours du Maroc en Coupe du monde ?

La demi-finale du Mondial 2022 au Qatar, où le Maroc est devenu la première nation africaine à atteindre le dernier carré, avant de terminer quatrième. En 2026, les Lions de l’Atlas ont de nouveau atteint les quarts de finale.

Pourquoi Ayyoub Bouaddi joue-t-il pour le Maroc et pas pour la France ?

Né à Senlis et ancien capitaine des Espoirs français, Bouaddi a choisi en mai 2026 de représenter le Maroc, le pays de ses origines. Le changement de nationalité sportive a été validé par le Tribunal arbitral du sport.

Le Maroc est-il champion d’Afrique 2025 ?

Le Maroc a perdu la finale 1-0 face au Sénégal sur le terrain, avant que la CAF ne déclare le Sénégal forfait et inverse le résultat sur tapis vert. La Fédération sénégalaise a saisi le Tribunal arbitral du sport, si bien que l’attribution définitive du titre restait en suspens.

Qui est le sélectionneur du Maroc en 2026 ?

Mohamed Ouahbi, nommé en mars 2026 en remplacement de Walid Regragui. Il avait auparavant remporté la Coupe du monde U20 avec les jeunes Marocains.