Après la qualification des Bleus, une phrase grave de Didier Deschamps a soulevé un soupçon lourd, aussitôt démenti par le banc paraguayen.
Il y a des victoires qui laissent un goût amer. Samedi soir à Philadelphie, la France a arraché sa place en quarts face au Paraguay (1-0), mais c’est en conférence de presse que la soirée a basculé. Le visage fermé, la voix grave, Didier Deschamps a lâché quelques mots qui ont glacé la salle. On ne s’en doute pas toujours en regardant un match, mais derrière les duels du terrain, certaines limites se franchissent sur les bancs de touche. Et cette fois, le sujet touchait à l’intime.
La phrase lourde de sens de Deschamps
« Je me serais bien passé des insultes sur le banc. Surtout certaines. » En apparence anodine, cette déclaration a pris une tout autre dimension au regard du contexte personnel du sélectionneur.
Deschamps a perdu sa mère la semaine précédant le match contre la Norvège. Il s’était brièvement absenté pour assister aux obsèques, avant de reprendre sa place sur le banc des Bleus. Dans la délégation française et selon L’Équipe, ses mots ont été compris comme une allusion à des propos ayant pu viser, directement ou non, sa mère disparue.
Le sélectionneur n’a pas nommé qui que ce soit. Mais le malaise, lui, était palpable.
La défense ferme de Gustavo Alfaro
Interrogé quelques minutes plus tard, le sélectionneur paraguayen Gustavo Alfaro a nié en bloc. Après une conférence réservée aux médias de son pays, il a accepté de répondre à une poignée de journalistes français insistants.
« Non, absolument pas. On ne peut pas tomber aussi bas dans le football. Jamais », a-t-il martelé. Il a assuré avoir cru, dans un premier temps, qu’on l’interrogeait sur les échanges verbaux entre joueurs pendant la rencontre.
Alfaro a tenu à rappeler son estime pour son homologue. « Je le respecte énormément et je l’admire beaucoup », a-t-il glissé, précisant avoir été chercher Deschamps dès le coup de sifflet final pour lui souhaiter d’aller « jusqu’en finale ».
Sur le reste, il a assumé l’intensité du match sans y voir d’animosité. « Le football est un sport de confrontation, de duels. Tout naît sur le terrain et tout meurt sur le terrain », a-t-il résumé, évoquant des « frictions » et des contestations autour de la VAR.
Un refus d’excuses assumé
Le sélectionneur a clairement refusé de présenter des excuses pour un incident dont il conteste l’existence. Une position qu’il a tenu à distinguer de son rejet total de ce type d’attaques.
« Je ne vais pas présenter des excuses pour quelque chose qui, à ma connaissance, ne s’est pas produit. En revanche, je suis totalement opposé à ce genre de comportement », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Si j’avais entendu de tels propos, j’aurais moi-même réagi immédiatement. C’est inacceptable. »
Deux versions se font donc face, sans preuve tranchée. Ce climat s’inscrit dans un match déjà marqué par de nombreuses tensions. L’arbitrage de la rencontre avait déjà fait beaucoup réagir.
Reste que les Bleus, eux, avancent. La France retrouvera le Maroc en quart de finale, jeudi prochain, avec l’envie de tourner rapidement la page de cette soirée trouble.