Battu 1-0, le Paraguay a surtout marqué les esprits par son jeu ultra-défensif et ses fautes à répétition, unanimement dézingués par la presse étrangère.
Il y a des victoires qui se savourent, et d’autres qui se subissent. Samedi soir à Philadelphie, l’équipe de France a plié le match sur un pénalty de Kylian Mbappé, mais c’est ailleurs que s’est jouée la vraie bataille. On ne s’en doute pas toujours en regardant le score, mais ce huitième de finale restera dans les mémoires pour tout sauf le beau jeu. Coups vicieux, temps grignoté, arbitre dépassé : la planète foot n’a pas tardé à réagir, et le verdict est sans appel.
Des chiffres qui racontent tout
Un petit geste, un grand changement : parfois, une statistique suffit à résumer un match entier.
Celle relevée par la BBC est édifiante. Le Paraguay a commis treize fautes sans écoper du moindre carton jaune. La France, elle, a été sanctionnée trois fois pour onze fautes. Un déséquilibre que le consultant Joe Hart, ancien gardien anglais, n’a pas digéré.
« Les joueurs paraguayens ont été une honte absolue », a-t-il lâché sur BBC Sport. « S’ils avaient été dans mon équipe, j’en aurais traîné la moitié hors du terrain. Je ne voudrais jamais jouer au football de cette façon. »
Un jugement sévère, mais partagé bien au-delà des frontières anglaises.
Quand l’Europe entière s’en mêle
En Espagne, Marca a résumé la soirée d’une image parlante : la France a « échappé à un champ de mines ». Le quotidien pointe un arbitre, l’Ouzbek Ilgiz Tantashev, qui n’a averti aucun joueur sud-américain de la rencontre.
En Allemagne, le ton est encore monté. Le tabloïd Bild a titré sur les « coups vicieux contre les superstars françaises », tandis que le journaliste Jan Henkel s’emportait sur MagentaTV : « C’est du football dégoûtant. » Il reprochait à l’arbitre de n’avoir eu « absolument aucun contrôle sur le match ».
Le Portugal n’a pas été plus tendre. Record écrivait qu’il existe bien des façons d’apprécier le football, mais que le style paraguayen n’en faisait probablement pas partie. Même le Brésil, via Lance!, soulignait un Paraguay « à dix derrière », misant tout sur le physique pour frustrer les Bleus.
Le clin d’œil italien et l’ombre du danger
Absente du Mondial, l’Italie a regardé ce match avec une pointe de nostalgie. La Gazzetta dello Sport y a vu un retour aux sources : « Un catenaccio pareil, ça faisait longtemps qu’on en avait pas vu. »
Derrière l’ironie, un vrai constat. Le Paraguay a poussé l’engagement à la limite du supportable, et parfois au-delà. Un duel entre Mbappé et Matias Galarza a particulièrement marqué : selon Bild, le Paraguayen aurait asséné un coup au capitaine français hors du jeu, sans être sanctionné ni rappelé par la VAR.
Que la France ait franchi l’obstacle sans blessé relève, pour beaucoup d’observateurs, du petit miracle. C’est aussi ce qui rend cette qualification impressionnante. L’arbitrage de Tantashev a d’ailleurs fait exploser les supporters tricolores.
Une qualification qui en dit long
Au bout du compte, les Bleus sont en quarts, et c’est tout ce qui restera au tableau. Mais ce match rappelle une évidence souvent oubliée : gagner sans briller, dans la boue et sous les coups, est aussi une force. Face au Maroc, tombeur du Canada, cette solidité pourrait bien peser lourd.