L’Europe peut gronder, Infantino est déjà soutenu par plus de 200 pays pour sa réélection

Gabriel Gromellon

17 juillet 2026 17h50

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L’Europe peut gronder, Infantino est déjà soutenu par plus de 200 pays pour sa réélection

Crédit Photo - IconSport

Le président de la FIFA file vers un quatrième mandat, porté par un raz-de-marée de soutiens, en dépit de la fronde d’une partie de l’Europe.

Les scandales s’accumulent, mais son fauteuil n’a jamais semblé aussi solide. À huit mois de l’élection présidentielle de la FIFA, Gianni Infantino a déjà décroché le soutien officiel de plus de 200 fédérations sur 211. L’information, révélée par le Guardian, place le dirigeant suisse sur les rails d’un quatrième mandat, malgré la tempête née de l’affaire Balogun. En clair, il faudrait un séisme politique pour l’empêcher d’être réélu en mars prochain à Rabat. Décryptage d’une domination sans partage.

Un plébiscite sans réelle opposition

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Guardian, seule une poignée de fédérations n’a pas encore envoyé sa lettre de soutien à Infantino, qui reste à ce jour le seul candidat déclaré.

Le dirigeant peut compter sur des bases massives en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, qui lui ont déjà assuré leur appui. Même une large majorité de l’Europe a confirmé son soutien, alors que le vote aura lieu le 18 mars 2027.

Quelques fédérations font toutefois de la résistance. L’Allemagne, par la voix de son président Bernd Neuendorf, a refusé de signer la lettre de soutien, une prise de position remarquée sur le Vieux Continent.

L’affaire Balogun en toile de fond

Cette fronde européenne trouve sa source dans un épisode précis. Donald Trump a reconnu avoir fait pression sur la FIFA pour faire réviser le carton rouge de l’attaquant américain Folarin Balogun, finalement autorisé à jouer.

La décision a provoqué la colère de l’UEFA et de plusieurs fédérations, qui y ont vu une ingérence. Des eurodéputés ont même réclamé une enquête sur la neutralité de l’instance, dans un climat déjà tendu par d’autres polémiques du tournoi.

Ce mécontentement reste toutefois cantonné à l’Europe. Infantino n’a pas besoin du soutien du continent pour l’emporter, ce qui relativise la portée de la contestation, aussi bruyante soit-elle. Le président sortant est par ailleurs proche du pouvoir américain, comme l’illustre le rôle prévu pour Trump lors de la finale.

Un débat qui peine à émerger

L’idée d’un candidat européen face à Infantino a bien circulé ces derniers jours. Selon des sources proches du football européen, un prétendant capable de réunir 30 à 40 voix suffirait à ouvrir un vrai débat public sur la gouvernance de la FIFA.

Mais la perspective de voir plusieurs fédérations s’accorder sur un nom reste lointaine. Les candidatures doivent être déposées avant le 18 novembre, et aucun rival crédible ne s’est pour l’instant manifesté.

Les fédérations se réunissent ce samedi à New York, en marge de la finale. Avec Infantino aux commandes de la réunion, les récents scandales ne seront pas à l’ordre du jour, contrairement au bilan financier record du Mondial, dont les retombées intéressent bien plus les fédérations. La compétition, elle, se referme dimanche avec la finale entre l’Espagne et l’Argentine.