En prenant ses distances avec le sujet brûlant des Malouines, le gardien argentin s’est attiré les foudres d’une partie de ses supporters.
Ses coéquipiers célébraient une revanche historique, lui a préféré botter en touche. Après la qualification de l’Argentine en finale face à l’Angleterre, Emiliano Martinez a tenu des propos qui ont détonné dans le concert des célébrations. Interrogé sur le poids symbolique de cette victoire, le gardien a balayé toute dimension politique, notamment autour des îles Malouines. Une prise de distance qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux argentins, à quelques jours de la finale contre l’Espagne.
La phrase qui a mis le feu
La question portait sur les ressorts de la remontée argentine. Le sujet des Malouines, cet archipel de l’Atlantique Sud que l’Argentine revendique face au Royaume-Uni, était sur la table. Dibu Martinez a coupé court.
Le gardien de 33 ans a estimé qu’il ne s’agissait pas de la raison de la victoire, expliquant que tout cela relevait du passé et qu’il n’était même pas né à l’époque du conflit. Pour lui, la réaction d’orgueil de l’équipe venait de son expérience des grands rendez-vous, pas d’un sentiment de revanche.
Une analyse purement sportive, qui aurait pu passer inaperçue en d’autres circonstances. Mais le contexte lui a donné une tout autre résonance.
Un contraste avec le reste du vestiaire
Car plusieurs de ses coéquipiers ont, eux, pleinement embrassé le sujet. Après la rencontre, des joueurs ont déployé une banderole revendiquant la souveraineté argentine sur les îles, un geste qui vaut aujourd’hui à la sélection une menace de sanction de la FIFA.
Le défenseur Lisandro Martinez a lancé que l’équipe ne pouvait pas faillir au peuple argentin. Leandro Paredes a affirmé que les Malouines seraient toujours argentines, tout en évoquant une triste page de l’histoire du pays.
Face à ces déclarations enflammées, le détachement de Dibu Martinez a été perçu comme un manque de sensibilité. Sur X, plusieurs internautes l’ont vivement pris à partie, certains l’accusant de ne pas mesurer la portée de ses mots.
Une position d’apaisement mal reçue
Le paradoxe, c’est que le gardien n’est pas isolé dans son approche. Le président argentin Javier Milei a lui aussi invité à ne pas mélanger le football et le contentieux territorial, jugeant que les Malouines se récupéreraient par la diplomatie.
La guerre de 1982, qui reste une plaie ouverte en Argentine, avait duré soixante-quatorze jours et coûté la vie à des centaines de soldats des deux camps. Un sujet qui dépasse de très loin le cadre du football.
Déjà mal-aimé en France depuis ses provocations lors du Mondial 2022, Dibu Martinez se retrouve désormais critiqué dans son propre pays. Une victoire dimanche en finale, dont le parcours est retracé dans notre récit de la qualification argentine, suffirait sans doute à faire oublier cette polémique.