Le rejet de la candidature d’Andrea Pirlo a provoqué une crise à la Fédération, avec un directeur technique menaçant de partir et deux légendes appelées à la rescousse.
Rien ne va plus du côté de la Squadra Azzurra. À peine sortie de l’humiliation d’un troisième Mondial manqué d’affilée, la Fédération italienne s’est offert une nouvelle crise en interne. Andrea Pirlo, qui devait être nommé sélectionneur, a été écarté au dernier moment en raison de son contrat avec une société de paris russe. Un revirement qui a mis le feu aux poudres et pourrait précipiter le départ du directeur technique, ouvrant la voie à deux noms prestigieux : Giorgio Chiellini et Antonio Conte.
Le contrat russe qui a tout fait capoter
L’affaire a éclaté en quelques jours. Champion du monde 2006 et favori pour le poste, Pirlo, aujourd’hui entraîneur aux Émirats, avait été choisi pour relancer une sélection en pleine déprime après trois Coupes du monde ratées.
Mais la révélation de son rôle d’ambassadeur pour Fonbet, une plateforme de paris sportifs russe, a tout changé. Sur fond de guerre en Ukraine, cette collaboration a suscité une vague de critiques, poussant le président de la Fédération à renoncer à sa nomination.
Pirlo a confirmé lui-même son éviction sur ses réseaux, ce lundi. L’ancien meneur a regretté qu’une décision présentée comme sportive ait été happée par une polémique, estimant qu’on lui prêtait des intentions étrangères à sa personnalité.
Maldini furieux, la crise s’installe
Le rejet de Pirlo a eu un effet domino. Paolo Maldini, tout juste nommé directeur technique de la Fédération, avait porté cette candidature avec son conseiller Leonardo. Désavoué, la légende de l’AC Milan menace désormais de démissionner.
Selon la presse italienne, Maldini vivrait mal ce manque de liberté pour bâtir son projet, et Leonardo pourrait le suivre vers la sortie. Une démission après seulement quelques semaines en poste illustrerait le désordre qui règne au sommet du football transalpin.
Ce climat contraste fortement avec la transition sereine vécue ailleurs, à l’image de l’arrivée consensuelle de Zidane chez les Bleus. L’Italie, elle, avance dans le brouillard.
Chiellini et Conte pour éteindre l’incendie
Face à ce vide, la Fédération prépare déjà des solutions de repli. Selon La Gazzetta dello Sport, Giorgio Chiellini, actuellement directeur de la stratégie sportive à la Juventus, tient la corde pour remplacer Maldini au poste de directeur technique.
Dans ce scénario, le nouveau favori pour le banc de la Nazionale serait Antonio Conte. Libre depuis son départ de Naples en mai, l’entraîneur connaît parfaitement la maison, lui qui avait déjà dirigé l’Italie entre 2014 et 2016. Un profil d’expérience pour stabiliser un navire qui tangue.
Rien n’est toutefois acté, et la situation pourrait encore évoluer dans les prochains jours. L’urgence est réelle : la sélection italienne, qui doit préparer sa Ligue des nations à l’automne, ne peut se permettre de rester sans cap. Le championnat italien, lui, reprendra bientôt sans que la question du sélectionneur soit tranchée.