La Commission de discipline poursuit la Fédération argentine, trois joueurs et un entraîneur adjoint après la finale du Mondial.
Le coup de sifflet final avait été suivi de scènes que personne n’attendait sur une remise de trophée mondiale. Bousculades, mains au visage, joueurs séparés par leurs coéquipiers. Dix jours plus tard, la FIFA a tranché sur la suite. Mercredi, sa Commission de discipline a ouvert cinq procédures visant l’Argentine : une contre la Fédération, quatre contre des membres de l’Albiceleste. Un joueur espagnol est également concerné. Aucune décision n’est rendue à ce stade, mais les articles invoqués sont parmi les plus lourds du Code disciplinaire.
Trois hommes visés pour agression
La Commission a d’abord reçu le rapport du procureur en matière disciplinaire et d’éthique, puis suivi ses recommandations. Trois personnes sont poursuivies au titre de l’article 14, alinéa 1i, qui sanctionne l’agression.
Leandro Paredes concentre le dossier le plus chargé avec trois chefs d’accusation. Nahuel Molina en compte deux, l’un pour acte avéré, l’autre pour tentative. Roberto Ayala, officiel de l’équipe argentine, est visé par un chef.
Trois autres procédures relèvent de l’article 14, alinéa 1b, sur le comportement antisportif. Elles concernent Molina, une nouvelle fois, ainsi que Thiago Almada et l’Espagnol Pablo Martín Páez Gavira, plus connu sous le nom de Gavi. L’instance avait laissé entendre dès le lendemain de la finale qu’elle ne laisserait pas passer ces scènes.
Un dossier fédéral qui dépasse la finale
La procédure engagée contre la Fédération argentine couvre un périmètre bien plus large. La FIFA ne se limite pas au 19 juillet : son communiqué évoque plusieurs matchs disputés par l’Albiceleste durant le tournoi.
Quatre articles sont invoqués. L’article 13, alinéa 2c, qui sanctionne l’utilisation d’un événement sportif comme plateforme de manifestations non sportives. L’article 14, alinéa 5, sur le comportement inapproprié d’une équipe. L’article 15, relatif à la discrimination et aux incidents à caractère raciste. Et l’article 17, sur l’ordre et la sécurité lors des matchs.
L’instance détaille les faits reprochés : chants et gestes discriminatoires, coups d’envoi retardés, non-respect des protocoles de match et de sécurité, messages jugés inappropriés affichés par l’équipe comme par les spectateurs, jets d’objets en tribunes.
Parmi ces messages figure la banderole déployée sur la pelouse après la demi-finale contre l’Angleterre, proclamant que les Malouines sont argentines. L’archipel est revendiqué par Buenos Aires et administré par le Royaume-Uni. Le règlement interdit ce type de référence politique, et des joueurs avaient déjà été sanctionnés à ce titre.
Ce qui peut arriver maintenant
Rien n’est acquis. Les personnes et l’organisation mises en cause disposent désormais de la possibilité de faire connaître leur position, avant que la Commission ne rende sa décision, sans calendrier communiqué.
Si les faits sont établis, Paredes, Molina et Ayala s’exposent à de longues suspensions, selon ESPN. La Fédération argentine, elle, risque avant tout des sanctions financières, comme c’est l’usage dans ce type de dossier.
Le contraste est saisissant avec le climat des jours précédents. Gianni Infantino avait adressé une lettre élogieuse à l’Argentine quatre jours avant l’ouverture de ces procédures.
L’Albiceleste retrouvera le terrain en septembre. Le sort de trois de ses hommes dépendra d’une décision dont personne, à ce stade, ne connaît la date.