Le président de la FFF affirme que les fédérations n’ont jamais été consultées sur le projet de société commerciale de la FIFA.
Vingt-quatre heures après avoir présenté Zinédine Zidane comme nouveau sélectionneur, Philippe Diallo a changé de registre. Invité de France Inter ce mercredi matin, le président de la Fédération française de football a été interrogé sur le projet dévoilé la veille par la FIFA : la création d’une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. Sa réponse a surpris par sa fermeté. Les 211 fédérations affiliées, dont la FFF, n’ont selon lui reçu aucune information préalable et ont appris l’existence du dossier par communiqué de presse.
Un projet découvert dans les journaux
Diallo a détaillé son incompréhension : le projet est fondamental pour l’avenir du football, mais les fédérations membres n’ont été associées à aucun moment de son élaboration et ne disposent d’aucun élément leur permettant de se prononcer.
Le paradoxe est notable. La FIFA a elle-même précisé que la structure ne verrait le jour qu’avec le soutien d’une majorité de ses associations membres. Ce sont donc des fédérations non consultées qui devront valider, ou non, un montage financier estimé à 20 milliards de dollars.
Le patron du football français a également indiqué avoir directement interpellé Gianni Infantino, qu’il connaît de longue date, sur la nécessité d’établir « une relation plus exigeante en termes de process de décisions ». La formule est diplomatique, le message beaucoup moins.
Un changement de ton qui compte
Cette sortie prend un relief particulier au regard de la position française jusqu’ici. La FFF s’était montrée prudente vis-à-vis du président de la FIFA et privilégiait une logique de continuité en vue de l’élection de 2027, à laquelle Infantino briguera un nouveau mandat.
Diallo n’a pas rompu, et n’annonce aucune opposition frontale. Mais le malaise transparaît clairement, chez un dirigeant qui siège aussi au comité exécutif de l’UEFA depuis 2023. La question des processus de décision agite d’ailleurs la Fédération sur d’autres dossiers ces dernières semaines.
Tandis que la FIFA, organisation à but non-lucratif, vient de dévoiler un projet de société commerciale ouverte à des investisseurs extérieurs, des voix s'élèvent déjà en Europe pour dénoncer la démarche. Philippe Diallo (@PhilippeDiallo), président de la Fédération française de… pic.twitter.com/UAcinJItFi
— France Inter (@franceinter) July 29, 2026
Le président de la FFF a annoncé qu’il prendrait dès mercredi contact avec ses homologues des grandes fédérations européennes ainsi qu’avec le président de l’UEFA, afin de coordonner une réponse commune.
Un front qui déborde du football
Nyon avait ouvert les hostilités dès mardi. Dans son communiqué, l’UEFA estimait qu’une limite venait d’être franchie et concluait par une phrase sans ambiguïté : « Le football n’appartient à personne, ce n’est pas à la FIFA de le vendre. »
La contestation a depuis dépassé le cadre sportif. Andy Burnham, devenu Premier ministre du Royaume-Uni le 20 juillet, a condamné publiquement le projet. Supporter revendiqué d’Everton, il dirige un pays qui coorganisera l’Euro 2028 avec l’Irlande.
Les critiques s’ajoutent à celles déjà formulées pendant le Mondial. Plusieurs voix dénonçaient déjà la dérive commerciale de la compétition avant même l’annonce de mardi.
Pour l’heure, la FIFA n’a communiqué aucune date de consultation ni de vote. Diallo, lui, a fixé un horizon plus proche : celui de ses échanges avec les fédérations européennes, engagés dès ce mercredi.