Le meilleur passeur du Mondial 2026 est sorti de sa réserve pour saluer celui qui lui a ouvert les portes des Bleus.
Il parle peu, et c’est un euphémisme. Michael Olise a la réputation d’un joueur qui laisse le ballon s’exprimer à sa place. Alors quand l’ailier du Bayern Munich publie un long message sur Instagram, plusieurs semaines après la fin de la Coupe du monde, cela mérite qu’on s’y arrête. Le Français y évoque la déception de la quatrième place, la fierté d’un record historique, et surtout adresse quelques lignes à Didier Deschamps, désormais remplacé par Zinédine Zidane sur le banc tricolore.
Un record vieux de cinquante-six ans
La fierté qu’évoque Olise n’a rien d’anecdotique. Avec sept passes décisives, il a terminé meilleur passeur du tournoi, loin devant Lionel Messi, Kylian Mbappé, Bruno Guimarães, Martin Ødegaard et Brahim Díaz, tous arrêtés à quatre.
Surtout, il a effacé un record qui tenait depuis 1970 : les six passes décisives de Pelé lors du sacre brésilien au Mexique. Selon les données Opta, jamais un joueur n’avait fait mieux sur une seule édition depuis le début des relevés statistiques, en 1966.
Cinq de ces sept offrandes sont allées à Kylian Mbappé, dont deux lors de la petite finale perdue contre l’Angleterre, alors que les Bleus étaient menés 4-0. Curieuse statistique tout de même : Olise n’a jamais marqué durant ce Mondial, malgré vingt tentatives. Son tournoi avait aussi été perturbé par un carton jaune contesté contre le Paraguay, que la FFF avait tenté de faire annuler sans succès.
Le regret prend toute la place
Dans son message, le joueur ne se cache pas derrière ses statistiques. Il décrit la non-victoire comme une immense déception et affirme que ce n’était pas ainsi que le groupe imaginait terminer.
La formule qui suit résume son état d’esprit : il aurait préféré pouvoir dire que la France avait gagné, plutôt que d’avoir un record à son nom. Une position cohérente avec la trajectoire du tournoi, conclu par une élimination en demi-finale contre l’Espagne puis une petite finale largement perdue.
Olise conclut cette partie en évoquant l’avenir et la volonté de rendre aux supporters les moments de joie attendus. À 24 ans, il devrait figurer parmi les cadres du nouveau cycle.
Une dette envers celui qui l’a lancé
La dernière partie du message est la plus personnelle. Olise y remercie Deschamps de lui avoir offert sa première sélection et « d’avoir cru en moi, même dans les moments les plus difficiles ».
Le rappel des faits éclaire cette gratitude. Convoqué pour la première fois le 29 août 2024, quelques semaines après une médaille d’argent aux Jeux olympiques sous les ordres de Thierry Henry, Olise honore sa première cape le 6 septembre suivant, contre l’Italie au Parc des Princes. Moins de deux ans plus tard, il est devenu l’un des joueurs les plus influents de la sélection.
Son ascension ne s’est pas arrêtée aux Bleus. Sa cote a explosé cet été, avec un Bayern peu enclin à discuter. Sur la saison 2025-2026, toutes compétitions confondues, il a délivré 34 passes décisives, égalant les totaux de Juan Mata et de Lionel Messi.
Reste maintenant à convaincre un nouveau sélectionneur. Zidane dévoilera sa première liste début septembre, avant un déplacement en Turquie le 25.