Démission à la FIFA, Le bras-droit d’Infantino qui le reliait à la Maison-Blanche démissionne

Gabriel Gromellon

31 juillet 2026 12h22

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Démission à la FIFA, Le bras-droit d’Infantino qui le reliait à la Maison-Blanche démissionne

Crédit Photo - IconSport

Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, quitte ses fonctions avec effet immédiat pour marquer son opposition au projet d’ouverture aux investisseurs privés.

La contestation ne vient plus seulement de l’extérieur. Vendredi, Carlos Cordeiro a annoncé sa démission immédiate de son poste de conseiller principal du président de la FIFA. Ancien banquier de Goldman Sachs, ancien président de la fédération américaine, il occupait aussi une fonction stratégique : celle de conseiller principal de la Task Force de la Maison-Blanche sur la Coupe du monde 2026, à laquelle Donald Trump l’avait nommé en mai 2025. Il affirme n’avoir été associé d’aucune façon à l’élaboration du projet.

Un départ qui touche au cœur du dispositif

Le profil de l’homme donne à ce retrait une portée particulière. Nommé conseiller de la FIFA pour la stratégie globale et la gouvernance en 2021, Cordeiro accompagnait régulièrement Gianni Infantino lors de ses visites de travail à Washington.

Il était donc, plus que tout autre, le point de contact entre l’instance mondiale et l’administration américaine. Une position devenue sensible depuis que le nom de Thrive Eternal, société dirigée par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, a été associé au futur tour de table.

Les liens entre la FIFA et la Maison-Blanche avaient déjà fait débat pendant le Mondial. Infantino avait dû s’expliquer publiquement sur un appel présidentiel dans l’affaire Balogun.

L’argument du banquier

Fort de trente-cinq années passées dans la finance, Cordeiro conteste d’abord la logique économique de l’opération. Selon lui, la FIFA n’a tout simplement pas besoin de cet argent.

L’instance dispose de milliards de dollars de réserves et ne porte aucune dette, rappelle-t-il. Dans ces conditions, céder une participation permanente sur son actif le plus précieux pour lever 4,2 milliards revient, selon ses termes, à hypothéquer l’avenir du football sans justification convaincante.

Sa position tient en une phrase : « Je m’y oppose sans équivoque. » Il ajoute que la proposition constitue selon lui une mauvaise affaire pour les fédérations membres comme pour le football.

Sept questions restées sans réponse

La partie la plus dure de son communiqué porte sur la méthode. Cordeiro y aligne une série d’interrogations auxquelles il estime que personne n’a répondu.

Pourquoi cet accord, et pourquoi maintenant ? Quel contrôle sera exercé ? Qui en tire réellement bénéfice ? Un processus concurrentiel a-t-il seulement été organisé ? Quelle gouvernance sera mise en place ? Que gagneront les investisseurs au bout du compte, et à quel prix pour le football ?

Ces interrogations rejoignent celles formulées cette semaine par plusieurs fédérations, qui reprochent à la FIFA d’avoir conçu le projet sans consultation. Le camp des opposants n’est toutefois pas uniforme, plusieurs associations préférant étudier la proposition avant de trancher.

La FIFA a répété vendredi matin qu’elle poursuivrait le processus de consultation. Les 211 associations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer.