Alors que les États-Unis et le Canada ont validé le rejet de la Concacaf, la fédération mexicaine préfère étudier la proposition d’Infantino.
La ligne de fracture ne passe plus entre les confédérations, mais à l’intérieur de chacune. Jeudi, la Concacaf annonçait le rejet du projet de la FIFA au nom de ses 41 associations membres. Quelques heures plus tard, l’une d’elles publiait un communiqué disant exactement l’inverse. La Fédération mexicaine a fait savoir qu’elle étudierait la proposition avant de se prononcer. Le détail qui pique : les États-Unis et le Canada, ses deux coorganisateurs du Mondial 2026, ont eux validé le texte de rejet.
Le Mexique refuse de suivre les siens
Le communiqué mexicain est prudent dans la forme, clair dans le fond. La fédération indique avoir été informée du projet le 28 juillet et précise que la FIFA ouvrira des groupes de travail pour fournir informations et documentation complémentaires.
Elle conclut en annonçant qu’elle ira au bout de ce processus d’étude et d’analyse avant de prendre la décision la plus favorable au football mexicain. Ni oui, ni non : une porte laissée ouverte, alors que sa confédération avait déjà refermé la sienne.
La Concacaf, elle, avait justifié son rejet par l’absence de garanties procédurales, un délai qu’elle qualifie d’artificiellement court, et l’absence d’examen préalable. Le texte mexicain a immédiatement suscité de vives critiques dans le pays.
Vingt millions, ou la réalité de ceux qui n’ont pas de sponsor
Ce qui se joue derrière ces communiqués est très concret. Le président de la fédération des Comores, Saïd Ali Saïd Athouman, l’a expliqué sans détour à L’Équipe : « Notre problème, c’est comment obtenir de l’argent. » Il précise que son association n’a actuellement aucun sponsor et peine à payer ses salariés.
Le dirigeant comorien reconnaît lui-même que sa position serait différente s’il dirigeait une fédération européenne. Une somme de 20 millions de dollars ne représente pas la même chose pour la Fédération française et pour une île de l’océan Indien.
Il n’en cache pas pour autant ses réserves, s’interrogeant ouvertement sur l’indépendance future de la FIFA vis-à-vis des investisseurs privés. La confédération africaine invite d’ailleurs ses membres à examiner le dossier plutôt qu’à le rejeter d’emblée.
La FIFA ne bouge pas d’un centimètre
Face à la contestation, l’instance a publié vendredi matin un nouveau communiqué. Elle affirme respecter les préoccupations exprimées, dénonce des informations erronées relayées par les médias, et annonce qu’elle poursuivra le processus.
Sa réponse à l’UEFA tient en une formule : « Personne ne vend le football. » La FIFA ajoute qu’aucune entité ne peut prétendre représenter à elle seule les 211 associations, et rappelle que sans majorité, la filiale ne verra pas le jour.
Un point mérite attention dans son argumentaire. La FIFA assure que les 20 millions de dollars du programme Forward pour 2027-2030 seront versés à chaque fédération indépendamment de son vote. Les 20 millions supplémentaires du programme Fast Forward, eux, dépendent bien de la création de la société. Une distinction que les fédérations européennes contestent dans son principe même.
Les 211 associations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer. La FIFA précise que sa proposition reste ouverte à la discussion et peut être approuvée, rejetée ou modifiée, en totalité ou point par point.