L’uruguay remplace Bielsa avec une légende qui n’a dirigé que 23 matchs comme entraîneur

Gabriel Gromellon

6 août 2026 19h00

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L’uruguay remplace Bielsa avec une légende qui n’a dirigé que 23 matchs comme entraîneur

Crédit Photo - IconSport

Diego Forlán prend les rênes de l’Uruguay après l’élimination précoce au Mondial, mais seulement à titre intérimaire.

Le contraste a de quoi surprendre. D’un côté, un ballon d’or du Mondial 2010, troisième meilleur buteur de l’histoire de sa sélection, vainqueur de la Copa América 2011. De l’autre, un entraîneur au curriculum famélique : vingt-trois rencontres dirigées en tout et pour tout. Diego Forlán a pourtant été nommé jeudi à la tête de la Celeste par la Fédération uruguayenne, qui a salué sur ses réseaux le retour de la légende. Une nomination dont les contours méritent d’être précisés.

Un intérim, pas un règne

Le communiqué fédéral est bref, mais plusieurs médias apportent la nuance qui change tout. Forlán n’est pas nommé pour un cycle complet : son mandat court jusqu’à la trêve internationale de mars 2027.

Il dirigera donc la Celeste lors des rassemblements de septembre, octobre et novembre, ainsi que sur les matchs amicaux programmés d’ici là. La fédération décidera ensuite s’il reste en poste ou si un autre technicien prend le relais.

Cette prudence s’explique par un calendrier interne. Des élections doivent se tenir au sein de l’instance uruguayenne fin 2026, ce qui empêche toute projection à long terme. Ignacio Alonso, son président, a précisé que le comité exécutif avait choisi Forlán, avec qui des discussions existaient déjà en 2022.

Une expérience de banc très mince

Le CV d’entraîneur tient en deux lignes. En 2020, Forlán dirige Peñarol, l’un des deux grands clubs de Montevideo, pendant onze rencontres. L’année suivante, il passe douze matchs à l’Atenas de San Carlos, en deuxième division uruguayenne.

Depuis, plus rien sur un banc professionnel jusqu’à sa prise en main récente de la sélection des moins de 20 ans. Il conservera d’ailleurs cette fonction en parallèle, avec un objectif fixé au Championnat sud-américain de la catégorie, en janvier 2027.

Le pari n’est pas isolé cet été. Plusieurs fédérations ont misé sur d’anciennes gloires pour rebondir après le Mondial.

Après Bielsa, tourner la page

Son prédécesseur laisse un souvenir amer. Marcelo Bielsa, arrivé en 2023, a mené l’Uruguay jusqu’au Mondial 2026 avant de voir sa sélection éliminée dès la phase de groupes.

L’Argentin avait été le second non-Uruguayen à diriger la Celeste, après Daniel Passarella. Son passage avait été marqué par des tensions internes, notamment avec plusieurs cadres écartés du groupe.

Forlán, lui, incarne l’inverse : un enfant du pays, dont les 36 buts en 112 sélections et la demi-finale de 2010 restent gravés dans la mémoire collective. Reste à transformer cette légitimité affective en résultats. Les bancs de sélection ont beaucoup changé de mains depuis la fin de la compétition.

Premier rendez-vous en septembre, pour des rencontres encore à déterminer.