Bordeaux : la menace de liquidation des Girondins place la Métropole face à une lourde facture

Gabriel Gromellon

17 août 2026 15h50

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Bordeaux : la menace de liquidation des Girondins place la Métropole face à une lourde facture

Crédit Photo - IconSport

Si les Girondins venaient à disparaître, la collectivité perdrait un locataire clé pour son stade et devrait assumer plusieurs coûts, à commencer par un manque à gagner annuel.

Le sort des Girondins ne concerne pas que le terrain. Alors que la menace d’une liquidation judiciaire se rapproche, après l’avis défavorable du CNOSF suivi par la Fédération, c’est aussi la Métropole de Bordeaux qui se retrouve dans une position délicate. Propriétaire du stade et partenaire du club, la collectivité devrait subir de plein fouet les conséquences financières d’une éventuelle disparition. Un dossier sportif qui se double d’un casse-tête budgétaire pour les élus locaux.

Un stade menacé de rester vide

Le premier problème concerne l’enceinte elle-même. Le grand stade de Bordeaux, propriété de la Métropole, pourrait se retrouver sans club résident si les Girondins venaient à disparaître ou à évoluer loin de ses gradins.

Or, cette enceinte est déjà un gouffre financier. Reprise en régie publique en 2024, elle affiche un déficit chronique depuis sa construction, la collectivité devant en assurer le remboursement pendant encore près de vingt ans.

La perte du club aggraverait la situation. Selon Sud-Ouest, la ville pourrait perdre au moins un million d’euros par an, entre le stade et le centre d’entraînement du Haillan, qui risqueraient de rester inoccupés, dans un contexte déjà tendu illustré par notre article sur la position de la Fédération.

Des dépenses supplémentaires à prévoir

Au-delà du manque à gagner, la collectivité pourrait devoir mettre la main à la poche. La Municipalité devrait en effet apporter un soutien financier à l’association des Girondins de Bordeaux pour la saison 2026-2027, afin d’accompagner la structure amateur.

Le coût des matchs entre également en jeu. Même en division inférieure, l’organisation des rencontres nécessite un dispositif de sécurité, dont une partie de la charge peut peser sur les finances publiques locales.

La collectivité se retrouve ainsi doublement pénalisée. Elle perdrait des recettes tout en devant engager de nouvelles dépenses, une équation délicate pour un club dont la survie même est aujourd’hui en jeu, comme le rappellent les nombreux messages de soutien reçus par le club.

Un dernier combat juridique en cours

Tout n’est cependant pas encore joué. Le futur président Dominique Delport a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif, dans l’espoir de faire réintégrer le club en National 1 et d’éviter le pire.

Cette bataille juridique est le dernier espoir bordelais. Une réintégration au niveau national relancerait le projet de reprise et éloignerait le spectre de la liquidation, avec des conséquences directes pour la Métropole comme pour le club.

En attendant, l’incertitude domine. Les prochaines décisions de justice détermineront l’avenir du sextuple champion de France, mais aussi l’ampleur de la facture que la collectivité bordelaise devra, ou non, assumer dans les mois à venir.