Le président de la Fédération française veut profiter de la crise traversée par la FIFA pour imposer une refonte de sa gouvernance.
La position française se précise. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Philippe Diallo a réaffirmé son hostilité à un nouveau mandat de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Mais le dirigeant ne compte pas s’arrêter à la question de la présidence. Il souhaite saisir l’occasion de cette période troublée pour engager des réformes de fond, en revoyant la manière dont les décisions y sont prises et dont les fédérations en sont informées.
Un opposant de la première heure
Le président revendique son rôle dans le dossier. Il affirme avoir réagi très tôt au projet visant à ouvrir le capital d’une structure commerciale liée à la Coupe du monde.
Il souligne également son implication collective. Selon lui, il a activement participé aux travaux menés par l’instance européenne sur ce sujet, une mobilisation qu’il considère comme couronnée de succès.
Le projet a effectivement été retiré. Cet abandon est intervenu après le rejet de plusieurs confédérations et une contestation interne qui a également coûté sa place à un cadre de l’organisation, comme le détaillait notre article sur cette éviction.
Une critique de méthode
Le dirigeant français vise surtout le fonctionnement de l’instance. Il estime que les fédérations ne peuvent plus découvrir les décisions majeures concernant le football par voie de presse.
Il réclame une véritable concertation. Selon lui, les membres ne devraient plus subir des orientations arrêtées sans qu’ils aient été consultés ou associés en amont.
Sa proposition dépasse donc le cas personnel. Il appelle à transformer cette crise en occasion de réformer durablement le fonctionnement du football mondial, plutôt que de se limiter à un changement d’homme.
Une position officielle encore à arrêter
La Fédération n’a pas formellement tranché. Son président souhaite que la position institutionnelle soit déterminée lors du prochain comité exécutif, ce qui suppose un vote de l’instance dirigeante.
Ses propres intentions sont toutefois transparentes. En s’exprimant publiquement avant cette réunion, il indique clairement la direction qu’il entend défendre devant ses pairs.
L’élection se tiendra au printemps. Le président sortant briguera un nouveau mandat, dans un contexte où les soutiens et les oppositions se structurent, comme le rapportait notre article sur les appuis dont il bénéficie.