Marseille a obtenu un report de son audition devant le gendarme financier, désormais attendue plutôt vers la fin du mois de juin.
C’est une petite victoire administrative pour l’Olympique de Marseille. Alors que la DNCG a entamé cette semaine l’examen des comptes des clubs professionnels, le club phocéen a obtenu un délai. Son audition devant le gendarme financier du football français, initialement imminente, est désormais repoussée à la fin du mois de juin. Un sursis stratégique, qui doit permettre à Marseille de redresser des comptes jugés alarmants. Décryptage d’un report aux enjeux considérables pour l’avenir du club.
Un report obtenu pour gagner un temps précieux
L’information a été révélée par L’Équipe et confirmée par plusieurs médias. L’OM a sollicité, et obtenu, le décalage de son passage devant la DNCG. Le club ne sera donc pas auditionné dans la première vague des contrôles, mais plutôt vers la fin juin.
Un petit geste, un grand changement. Ce délai de quelques semaines n’a rien d’anodin. Il doit offrir à Marseille le temps de réaliser une ou deux ventes de joueurs, et ainsi de réduire son déficit pour l’exercice 2025-2026. Une manière de se présenter devant le gendarme financier avec des comptes assainis, plutôt que de subir une sanction immédiate.
Alban Juster, l’homme des comptes à la manœuvre
Pour piloter ce dossier brûlant, l’OM peut compter sur un profil taillé pour la mission. Le président intérimaire du club, Alban Juster, n’est autre que l’ancien directeur financier de Marseille. Un homme des chiffres, parfaitement à l’aise avec les questions budgétaires.
Selon L’Équipe, Juster a tenu mercredi une longue réunion avec plusieurs cadres du club, entièrement consacrée au volet budgétaire. Un retour aux sources pour le dirigeant, qui doit faire preuve de doigté tant la situation comptable du club est préoccupante. Sa connaissance fine des finances marseillaises constitue un atout dans ce contexte délicat.
La logique du report assumée en interne
Du côté de l’OM, on assume pleinement cette stratégie d’attente. Une source proche de la direction, citée par L’Équipe, a justifié ce choix. « Ce ne sera pas simple en période de Coupe du monde, mais il est logique de procéder ainsi plutôt que de se prendre une sanction, de faire appel et de revenir pour une seconde audition », explique-t-on dans les hautes sphères du club.
Autrement dit, mieux vaut prendre le temps de bien préparer son dossier que de foncer tête baissée vers une sanction probable. Une approche pragmatique, qui vise à éviter une procédure à rallonge faite de sanctions, d’appels et de nouvelles auditions.
Des ventes indispensables avant l’été
Le cœur du problème reste le déficit du club. Marseille doit impérativement faire entrer de l’argent dans ses caisses pour rassurer la DNCG. Selon plusieurs sources, l’OM aurait besoin de vendre pour au moins 50 à 60 millions d’euros avant la fin juin.
La tâche s’annonce ardue, d’autant que la période de Coupe du monde complique souvent les négociations de transferts. Privé de Ligue des champions, le club a vu ses comptes se dégrader, avec un déficit attendu dans la lignée des 105 millions d’euros de l’exercice précédent. Plusieurs cadres pourraient être poussés vers la sortie pour équilibrer les finances.
Le double front de l’UEFA
Le calendrier de juin est d’autant plus chargé que la DNCG n’est pas la seule instance à se pencher sur le cas marseillais. L’UEFA examine également la situation du club courant juin, dans le cadre du fair-play financier et d’accords passés.
L’OM sera donc fixé sur son sort européen au cours du même mois. Un double enjeu qui place le club sous une pression maximale : il doit à la fois convaincre le gendarme financier français et répondre aux exigences de l’instance européenne. Deux dossiers aux conséquences potentiellement lourdes pour la saison à venir.
Vers un encadrement de la masse salariale ?
Quelle sanction l’OM risque-t-il au bout du compte ? Plusieurs proches du dossier, sondés par L’Équipe, évoquent une hypothèse forte : un encadrement de la masse salariale par la DNCG. Une mesure qui limiterait la capacité du club à dépenser pour les salaires.
Mais cette perspective n’est pas forcément perçue comme une catastrophe. « Plus qu’une punition, une mesure qui a permis à de nombreux clubs, comme l’OL très récemment, d’aller vers une meilleure gestion », tempère une source citée par le quotidien sportif. Une façon de relativiser une éventuelle décision, en la présentant comme un outil d’assainissement plutôt qu’une sanction pure.
Un été décisif pour Marseille
Au fond, ce report d’audition illustre la situation tendue dans laquelle se trouve l’OM. Le club joue gros cet été, sur le plan financier comme sur le plan sportif. Chaque vente, chaque décision comptera pour redresser la barre et éviter des mesures contraignantes.
La date de fin juin devient donc un rendez-vous capital. D’ici là, Alban Juster et ses équipes vont devoir travailler d’arrache-pied pour présenter un dossier solide. Entre la DNCG et l’UEFA, le mois de juin s’annonce déterminant pour l’avenir de l’Olympique de Marseille. Le compte à rebours est lancé.