OM : Lorenzi dévoile une feuille de route surprenante pour Marseille

Gabriel Gromellon

29 mai 2026 08h46

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OM : Lorenzi dévoile une feuille de route surprenante pour Marseille

Crédit Photo - IconSport

L’ancien dirigeant de Brest succède à Medhi Benatia et trace déjà sa ligne pour redresser le club phocéen.

Le grand chambardement de l’Olympique de Marseille se poursuit. Ce jeudi 28 mai 2026, le club phocéen a officialisé la nomination de Grégory Lorenzi au poste de directeur sportif. Architecte du miracle brestois pendant dix ans, le Corse de 42 ans débarque dans un contexte d’urgence, après l’échec de la qualification en Ligue des champions. Et dans les colonnes de L’Équipe, il a déjà livré une feuille de route claire, avec une phrase qui résume tout : il ne s’agit pas de copier-coller la méthode brestoise. Décryptage des ambitions du nouvel homme fort du sportif marseillais.

Une officialisation très attendue

L’attente aura été longue. Annoncé depuis plusieurs semaines, Grégory Lorenzi est désormais officiellement le nouveau directeur sportif de l’OM. Le club a confirmé sa nomination ce jeudi par un communiqué officiel, et l’intéressé a pris ses fonctions dès ce même jour.

Selon le communiqué, sa désignation est le fruit d’un processus de recrutement mené par Stéphane Richard, le président du directoire, en lien avec le propriétaire Frank McCourt et le conseil de surveillance. Détail rare dans le milieu : Lorenzi a signé un contrat à durée indéterminée, signe que le club mise sur lui pour s’inscrire dans la durée.

« Je ne vais pas faire du Brest à Marseille »

Dès sa première sortie publique, dans les colonnes de L’Équipe, le nouveau directeur sportif a tenu à lever toute ambiguïté. La phrase a marqué : « Je ne vais pas faire du Brest à Marseille. » Un message d’autant plus fort qu’il vient de l’homme qui a fait du Stade Brestois un cas d’école.

Un petit geste, un grand changement. Lorenzi sait que les deux clubs n’ont rien à voir. Il a parfaitement conscience de débarquer dans un univers à part. L’OM est, selon ses propres mots à L’Équipe, « un club historique, très spécial, très populaire, très excitant ». L’enjeu est clair : adapter sa méthode au gigantisme marseillais, sans renier ses principes de rigueur.

Le miracle brestois en référence

Pour comprendre l’engouement autour de Lorenzi, il faut se pencher sur son parcours. Pendant dix ans, le Corse a piloté la politique sportive de Brest, transformant un club habitué à la deuxième division en l’une des belles surprises du football français.

Le bilan parle pour lui. Sous sa direction, Brest est remonté en Ligue 1, a accroché une historique troisième place en championnat et a découvert la Ligue des champions en 2024-2025. Tout cela avec des moyens limités, en s’appuyant sur des paris audacieux et des joueurs français acquis à faible coût. Une réussite construite dans la discrétion, à l’image d’un dirigeant peu médiatique mais redoutablement efficace.

Trouver le bon équilibre économique

À Marseille, Lorenzi sait que l’environnement sera tout autre. Le club traverse une période compliquée sur le plan financier, avec un déficit massif et un passage devant la DNCG reporté à fin juin. Et le nouveau directeur sportif ne s’en cache pas.

« À nous de trouver le meilleur équilibre entre le projet sportif et notre réalité économique », a-t-il expliqué à L’Équipe. L’objectif affiché est de retrouver « de la sérénité et de la stabilité », deux mots qui ont cruellement manqué à l’OM ces dernières saisons, marquées par des bouleversements incessants au sein de l’organigramme.

Bâtir un collectif et une identité

Au-delà des comptes, Lorenzi a aussi détaillé sa vision purement sportive. Selon lui, l’enjeu pour la saison à venir sera de bâtir « un collectif » composé de « joueurs capables de créer une connexion, une identité ».

Une approche pensée pour reconnecter l’équipe avec son public. L’ambition est claire : permettre aux supporters marseillais de « s’identifier » à cette future équipe. Une notion qui prend tout son sens dans une ville où la passion populaire dicte presque tout, et où une équipe sans âme ne tient jamais bien longtemps.

Premier dossier brûlant : l’entraîneur

La nomination de Lorenzi intervient à un moment particulièrement chargé du calendrier marseillais. Sa toute première mission sera de trancher sur l’avenir d’Habib Beye, l’entraîneur actuel, dont le bilan n’a pas totalement convaincu. Selon plusieurs sources, le technicien ne devrait pas être conservé.

Le nom de Bruno Genesio, libre depuis son départ de Lille, est cité avec insistance comme grand favori. Lorenzi devra rapidement boucler ce dossier pour permettre au club de préparer sereinement la saison à venir, qui se jouera en Ligue Europa après une 5e place décevante en championnat.

Un mercato sous très haute tension

L’autre chantier immédiat sera le mercato. Avec la nécessité de vendre pour 50 à 60 millions d’euros avant fin juin pour rassurer la DNCG, Lorenzi devra immédiatement se plonger dans le marché des transferts. Plusieurs cadres comme Leonardo Balerdi, Pierre-Emile Hojbjerg ou Geronimo Rulli pourraient quitter le club.

Reste à manier ce double impératif : alléger les comptes tout en construisant une équipe compétitive. Un casse-tête pour lequel l’expérience brestoise du dirigeant constitue un atout. Le passage de Brest à Marseille représente un changement radical de dimension, comme l’a souligné Lorenzi à L’Équipe : « Rejoindre l’Olympique de Marseille est une chance, un honneur et un grand défi que je suis fier de relever. » À 42 ans, le Corse entame là le rendez-vous le plus important de sa carrière de dirigeant.