DNCG : un nouveau club exclu des compétitions nationales, le couperet tombe encore

Gabriel Gromellon

2 juin 2026 18h56

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DNCG : un nouveau club exclu des compétitions nationales, le couperet tombe encore

Crédit Photo - IconSport

Le gendarme financier a frappé fort lors de sa dernière commission, avec une exclusion retentissante et plusieurs clubs sous surveillance.

La série noire continue dans le football amateur. Réunie ce jeudi 28 mai 2026, la Commission fédérale de contrôle des clubs de la DNCG a rendu une nouvelle salve de décisions, désormais consultables dans son procès-verbal officiel publié par la FFF. Et la sanction la plus lourde frappe le FC 93 Bobigny, pensionnaire de National 2, purement et simplement exclu des compétitions nationales. Une décision dramatique pour ce club emblématique de la Seine-Saint-Denis. Heureusement, plusieurs autres formations peuvent souffler, leur budget ayant été validé. Tour d’horizon des verdicts du gendarme financier du football français.

Bobigny, le club exclu de trop

C’est le dossier le plus douloureux de cette journée. Le FC 93 Bobigny, club de National 2, a été exclu des compétitions nationales par la DNCG. Une sanction maximale, qui prive l’équipe première de son statut dans la pyramide du football français.

Un petit geste, un grand changement. Pour ce club historique de Seine-Saint-Denis, né de la fusion de plusieurs structures locales, le coup est terrible. Le FC 93 incarne le football populaire d’un département pas toujours épargné, et un acteur majeur de la formation des jeunes. Son exclusion l’oblige à redescendre dans le football régional, indépendamment de ses résultats sur le terrain. Une descente brutale qui remet en cause des années de travail et de projet.

Un nom de plus sur une longue liste

Le cas de Bobigny n’a malheureusement rien d’isolé ces derniers jours. Le gendarme financier multiplie les sanctions lourdes depuis le début de ses auditions. En quelques jours seulement, plusieurs clubs ont déjà été exclus des compétitions nationales.

Le Stade Poitevin, sur fond de soupçons de faux documents, Wasquehal, l’AS Beauvais-Oise et le RC Pays de Grasse ont tous subi le même sort. Avec Bobigny, la liste s’allonge encore. Cette accumulation d’exclusions provoque un véritable séisme dans les divisions inférieures, et entraîne déjà des repêchages en cascade pour combler les places vacantes.

Plusieurs budgets validés sans réserve

Toutes les nouvelles du jour n’étaient toutefois pas mauvaises. Plusieurs clubs ont vu leur dossier accepté en l’état, synonyme de sérénité pour la saison à venir. Une bonne nouvelle pour ces structures, qui ont passé l’épreuve sans accroc.

L’OL Lyonnes, en Arkema Première Ligue, le Dinan Léhon FC, la Vendée Les Herbiers Football et le SC Toulon, tous trois en National 2, ont obtenu un feu vert complet. Côté futsal, l’UJS Toulouse et le Toulon Métropole Futsal, en D1, sont également validés. Le FC Villefranche Beaujolais, en National 1, voit lui son budget accepté, mais sous réserve de confirmation de l’octroi du statut professionnel par le Comité Exécutif de la FFF.

Chauray et Dieppe sous surveillance

Entre les exclusions et les validations, deux clubs ont reçu un avertissement sous forme de mesure restrictive. La commission a prononcé un encadrement de la masse salariale à l’encontre du FC Chauray et du FC Dieppe, tous deux en National 2.

Ces deux formations devront surveiller attentivement leurs dépenses la saison prochaine. L’encadrement de la masse salariale limite la capacité d’un club à recruter et à rémunérer ses joueurs, et impose une gestion stricte sous le regard du gendarme financier. Une mise sous tutelle budgétaire, qui pèsera directement sur leur mercato estival.

Chantilly et Bourges dans l’attente

Enfin, deux autres pensionnaires de National 2 restent dans l’incertitude. L’US Chantilly et le Bourges FC ont écopé d’un sursis à statuer de la part de la commission.

Concrètement, ces deux clubs vont devoir fournir des éléments financiers complémentaires avant de connaître leur sort définitif. Une seconde audition tranchera dans les semaines à venir. D’ici là, le suspense reste entier, et les deux formations devront patienter sans certitude sur leur avenir au niveau national. Une situation inconfortable à quelques semaines de la reprise.

Un football amateur sous pression maximale

Au fond, cette nouvelle journée illustre une fois de plus la fragilité économique du football amateur et semi-professionnel français. Chaque session de la DNCG redessine la carte des championnats, parfois de manière brutale, parfois salvatrice.

Les clubs exclus comme Bobigny laissent des places vacantes, qui profitent à des formations initialement reléguées sportivement. Un système de vases communicants qui, derrière sa froideur administrative, bouleverse la vie de centaines de joueurs, d’éducateurs et de supporters. Pour Bobigny, l’heure est désormais à la contestation, un appel restant possible pour tenter d’infléchir la décision.

Une réorganisation dans la confusion

Tout cela intervient dans un contexte de grande mutation pour le football français. La saison 2026-2027 marquera l’apparition de la nouvelle Ligue 3 professionnelle, qui entraîne le renommage de toutes les divisions inférieures.

Dans ce paysage en pleine transformation, les décisions de la DNCG ajoutent une couche d’incertitude. Repêchages, appels, exclusions : la composition exacte des championnats ne sera connue qu’après le traitement de l’ensemble des dossiers. Pour les clubs sanctionnés ce jeudi, comme pour tous ceux qui attendent encore leur passage, l’été s’annonce long et incertain. Et le football amateur français, lui, continue de payer au prix fort ses fragilités financières.