Foot amateur : un club banni des compétitions pendant trois ans après une bagarre générale

Gabriel Gromellon

5 juin 2026 16h00

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Foot amateur : un club banni des compétitions pendant trois ans après une bagarre générale

Crédit Photo - IconSport

L’équipe d’un club de Besançon a écopé d’une sanction exceptionnelle après les graves violences survenues lors d’un match de district.

Une scène de chaos, des blessés à l’hôpital, et désormais une sanction historique. Plus d’un mois et demi après une bagarre générale survenue lors d’un match de Départemental 3 entre l’US Prés-de-Vaux et l’Amicale des Jeunes Mahorais de Besançon, la commission de discipline du district Doubs-Territoire de Belfort a tranché. Et la décision est lourde : l’équipe réserve de l’AJM est purement et simplement bannie des compétitions pendant trois saisons. Une sanction qualifiée d’exceptionnelle par les instances, qui veut envoyer un message fort à tous les acteurs du foot amateur.

Une fin de match qui dégénère totalement

Les faits remontent au dimanche 19 avril 2026. Sur la pelouse de l’US Prés-de-Vaux, à Besançon, l’ambiance était déjà tendue tout au long de la rencontre. À cinq minutes du coup de sifflet final, alors que les locaux menaient 3-1, tout a basculé.

Selon les témoignages recueillis par ICI Besançon, un joueur de l’AJM aurait asséné un coup de poing à un adversaire. C’est l’étincelle. Très rapidement, une trentaine de supporters du club bisontin auraient envahi le terrain. Selon Kevin Thiebaud, ancien président de l’US Prés-de-Vaux, lui-même hospitalisé après les faits, ces personnes étaient munies de « sacoches remplies de pierres, de chaises et de casques ». Une scène d’une violence rare sur un terrain de football amateur.

Plusieurs blessés et des plaintes déposées

Un petit geste, un grand changement. Le bilan humain de la rixe a été lourd. Au moins deux personnes ont été hospitalisées, dont l’ancien président du club, qui a reçu un coup de pierre en plein visage et a dû être soigné par points de suture. L’US Prés-de-Vaux a recensé cinq joueurs marqués au visage et au dos par des coups de chaises, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

La police et les sapeurs-pompiers ont dû intervenir pour ramener le calme. Deux plaintes ont depuis été déposées par le club victime des violences. Le maire de Besançon avait également convoqué les deux présidents au lendemain des faits, signe de la gravité accordée à cet incident par les autorités locales.

Une sanction « exceptionnelle » de trois ans

Les sanctions tombées cette semaine font donc figure de signal d’alarme. Selon les informations de l’Est Républicain, confirmées par ICI Besançon, la commission de discipline du district a frappé fort. L’équipe 2 de l’Amicale des Jeunes Mahorais est suspendue jusqu’à la fin de la saison 2025-2026, ce qui signifie que tous ses matchs depuis les incidents sont considérés comme perdus.

Mais le plus marquant reste cette interdiction d’inscription en compétition pendant les trois prochaines saisons. « Cette équipe disparaît pendant trois saisons. C’est une décision exceptionnelle », a confié Daniel Rolet, le président du district Doubs-Territoire de Belfort, dans les colonnes d’ICI Besançon. Un message clair envoyé à tous les clubs amateurs.

Des sanctions individuelles également prononcées

Au-delà des mesures collectives, plusieurs sanctions individuelles ont été décidées. Un joueur de l’Amicale a écopé de cinq matchs de suspension pour « comportements déplacés et actes de brutalité ». Un dirigeant du club a quant à lui été suspendu pour deux rencontres.

Sur le plan sportif, la commission a logiquement décidé de donner match perdu par pénalité à l’AJM, avec un score administratif de 3-0 en faveur de l’US Prés-de-Vaux, comme l’a précisé France 3. Une décision qui rétablit en partie la justice du tableau, même si elle ne peut effacer la violence de cette journée du 19 avril.

Une addition financière limitée

Sur le plan financier, en revanche, l’addition reste relativement modeste. Le club est condamné à une amende de 100 euros pour les faits de violence, à laquelle s’ajoutent 100 euros pour les frais d’instruction et 35 euros pour les frais de commission. Soit un total de 235 euros.

Une somme dérisoire au regard de la gravité des faits, mais qui s’ajoute à des sanctions sportives radicales. C’est bien là, dans l’interdiction de jouer pendant trois ans, que se trouve la véritable peine. Pour les joueurs et bénévoles qui faisaient vivre cette équipe, le coup est extrêmement dur. Beaucoup ne sont absolument pas responsables de ce qui s’est passé ce jour-là.

Un précédent qui n’avait pas suffi

Ce qui rend la sanction encore plus lourde, c’est qu’elle s’inscrit dans un contexte particulier. Selon ICI Besançon, l’AJM avait déjà connu des événements similaires deux ans auparavant, du côté de ses U18. Une récidive qui a manifestement pesé dans la décision de la commission de discipline.

Daniel Rolet ne décolère pas, lui qui souligne avoir su que cette équipe était « à garder à l’œil ». Le président du district a salué le « bon travail » fait par le président de l’AJM, El Enrif Ben Souffou, tout en pointant que ce travail est « pollué par des idiots qui viennent se défouler ». Une analyse qui résume bien le drame du foot amateur, souvent gangréné par une minorité difficilement maîtrisable.

Une décision exemplaire pour tout le foot amateur

Au fond, cette sanction veut faire jurisprudence. À l’heure où les violences sur les terrains amateurs se multiplient en France, et alors qu’un éducateur de Six-Fours a été récemment hospitalisé après avoir été frappé par un parent, les instances cherchent à frapper plus fort.

Trois ans d’interdiction d’inscription, c’est une condamnation à mort sportive pour l’équipe concernée. Le message s’adresse à tous les clubs : aucun incident grave ne sera désormais toléré, et les fauteurs de troubles entraîneront leur structure dans leur chute. Reste à savoir si ce genre de décisions exemplaires suffira à enrayer la spirale de violences qui touche le football amateur français. Une chose est sûre, à Besançon, le foot ne sera plus jamais tout à fait le même.