Coupe du monde 2026 : L’exploit du Qatar face à la Suisse dans les ultimes secondes

Gabriel Gromellon

13 juin 2026 23h11

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Coupe du monde 2026 : L’exploit du Qatar face à la Suisse dans les ultimes secondes

Crédit Photo - IconSport

Largement dominés, les Qataris ont égalisé dans le temps additionnel pour décrocher un nul inespéré (1-1) contre une Nati frustrée.

Une fin de match totalement folle. Ce samedi 13 juin, dans le groupe B de la Coupe du monde 2026, le Qatar a réalisé un véritable hold-up en arrachant le match nul face à la Suisse (1-1) à Santa Clara. Pourtant menés et complètement dominés pendant 90 minutes, les Qataris ont égalisé dans le temps additionnel, au terme d’une rencontre qu’ils auraient pu perdre largement. Une immense désillusion pour la Nati, qui s’est créé une montagne d’occasions sans parvenir à se mettre à l’abri. Récit d’un scénario cruel.

Embolo lance idéalement la Suisse

Tout avait pourtant bien commencé pour les hommes de Murat Yakin. Dominateurs d’entrée, les Suisses ont rapidement fait la différence, profitant d’une fébrilité du gardien adverse pour obtenir un penalty. L’occasion rêvée de prendre les devants.

Un petit geste, un grand changement. À la 17e minute, Breel Embolo s’est chargé de transformer la sentence. L’attaquant de Rennes a pris ses responsabilités et trompé le portier d’un contrepied parfait, inscrivant au passage son 25e but en sélection. Après le doublé de Balogun avec les États-Unis plus tôt dans la journée, c’était au tour d’un autre pensionnaire de Ligue 1 d’ouvrir son compteur dans ce Mondial.

Une domination suisse étouffante

Une fois devant, la Suisse a continué de faire le siège du but qatari. La Nati a livré une démonstration de maîtrise, monopolisant le ballon et multipliant les offensives. Mais sans parvenir à concrétiser sa supériorité au tableau d’affichage.

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Les chiffres traduisent cet écrasant déséquilibre. Avec plus de 75 % de possession et une avalanche de tentatives, les Suisses ont semblé jouer dans un fauteuil. Au total, ils ont frappé plus de vingt fois au cours de la rencontre, pour un nombre de buts attendus largement supérieur à celui de leur adversaire. Mais le portier qatari Abunada a multiplié les parades décisives, repoussant tout ce qui passait à sa portée.

Le mur Abunada et les ratés helvètes

Le grand artisan de la résistance qatarie se nomme Abunada. Le gardien a livré un récital, frustrant les attaquants suisses à de multiples reprises. Sans lui, le score aurait pu prendre des proportions bien différentes dès la première période.

Ndoye, Vargas, Zakaria, Embolo : tous ont buté sur le portier qatari ou manqué de réussite dans le dernier geste. Un sauvetage sur la ligne d’Elamin, juste avant la pause, a également maintenu le Qatar à flot. Au fil des minutes, cette incapacité suisse à faire le break a entretenu un espoir insensé chez des Qataris pourtant à la peine. Une erreur qui allait se payer cash.

Le coup de massue dans le temps additionnel

Et l’invraisemblable s’est produit dans les ultimes secondes. Alors que la Suisse semblait se diriger vers une victoire poussive mais méritée, le Qatar a surgi là où personne ne l’attendait. Un coup de théâtre total à Santa Clara.

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À la 90e+5, sur l’une de ses rares incursions, Boualem Khoukhi s’est élevé plus haut que toute la défense suisse pour catapulter une tête imparable dans le but de Kobel. 1-1, et l’explosion de joie côté qatari. Une égalisation venue de nulle part, qui transforme une défaite annoncée en exploit retentissant pour les hommes de Julen Lopetegui. La Nati, elle, était assommée.

Une immense frustration helvète

Pour la Suisse, ce résultat a des allures de défaite. Avoir dominé de la tête et des épaules pour finalement concéder l’égalisation dans le temps additionnel constitue un véritable gâchis. Les regrets seront immenses pour Granit Xhaka et ses coéquipiers.

Le capitaine, qui disputait sa quatrième Coupe du monde, avait pourtant donné l’exemple, à l’image d’un missile envoyé en seconde période. Mais le manque d’efficacité offensive a coûté très cher à une équipe qui pensait avoir fait le plus dur. Dans un groupe B où chaque point comptera, ce nul concédé in extremis pourrait peser lourd au moment des comptes.

Le Qatar relance son Mondial

À l’inverse, du côté qatari, ce point a la saveur d’une victoire. Pour le pays organisateur du précédent Mondial, éviter le naufrage face à un adversaire aussi dominateur relève de l’exploit. Une bouffée d’oxygène inespérée dans la course à la qualification.

Julen Lopetegui, le sélectionneur espagnol des Qataris, redoutait justement une lourde défaite qui aurait compromis ses chances. Son équipe a fait preuve d’une résilience admirable, s’accrochant jusqu’au bout pour être récompensée. Ce nul maintient le Qatar pleinement dans la course, dans un groupe qui s’annonce indécis après le nul entre le Canada et la Bosnie la veille.

Un groupe B plus ouvert que jamais

Au fond, ce match nul rebat les cartes d’une poule particulièrement serrée. Avec ce résultat, aucune des quatre équipes du groupe B n’a encore pris le large, laissant toutes les options ouvertes pour la suite de la compétition. Tout reste à faire.

La Suisse devra vite digérer cette terrible frustration pour ne pas hypothéquer ses chances, tandis que le Qatar peut désormais aborder la suite avec confiance. Cette première journée aura en tout cas rappelé une vérité éternelle du football : tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin, rien n’est jamais joué. La Nati en a fait l’amère expérience. Le Qatar, lui, savoure un exploit qui restera comme l’un des grands moments de ce début de Mondial.