À dix contre onze dans l’enfer de l’Azteca : l’Angleterre réalise l’exploit que personne n’avait jamais signé

Gabriel Gromellon

6 juillet 2026 06h38

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À dix contre onze dans l’enfer de l’Azteca : l’Angleterre réalise l’exploit que personne n’avait jamais signé

Crédit Photo - IconSport

Réduits à dix, sous une pluie battante et 80 000 supporters hostiles, les Anglais ont fait tomber le Mexique et une statistique vieille de plus d’un demi-siècle.

Imaginez jouer un huitième de finale de Coupe du monde à plus de 2 000 mètres d’altitude, dans un stade entièrement acquis à l’adversaire, avec un joueur en moins pendant quarante minutes. Mission impossible ? On ne s’en doutait pas forcément, mais c’est exactement le défi qu’a relevé l’Angleterre dans la nuit de dimanche à lundi. Au terme d’un match fou, les Three Lions ont battu le Mexique (3-2) à l’Estadio Azteca et filent en quarts. Une soirée que personne près du terrain n’oubliera de sitôt.

Un doublé éclair qui fait basculer la nuit

Un petit geste, un grand changement : quatre-vingt-dix-huit secondes ont suffi à faire taire tout un stade.

Le match démarre pourtant mal pour les Anglais, sifflés à chaque ballon. Le Mexique pousse, Pickford sauve les siens à plusieurs reprises. Puis, coup de tonnerre : entre la 36e et la 38e minute, Jude Bellingham inscrit un doublé fulgurant. D’abord de la tête sur un centre de Saka, puis d’une frappe placée après une passe de Kane.

El Tri, qui n’avait pas encaissé le moindre but depuis le début du tournoi, encaisse deux buts en une minute et demie. Julian Quinones réduit l’écart avant la pause d’une superbe demi-volée, et le stade repart de plus belle.

À la mi-temps, l’Angleterre mène 2-1, mais tout reste ouvert.

Quarante minutes de résistance héroïque

La seconde période bascule à la 54e minute. Un tacle appuyé de Jarell Quansah sur Jesus Gallardo, d’abord jugé anodin, se transforme en carton rouge après le recours à la vidéo. Les Anglais joueront le reste du match à dix.

Loin de plier, ils accélèrent. Sur un ballon mal négocié par le gardien Rangel, Anthony Gordon est fauché dans la surface. Harry Kane transforme le penalty et porte le score à 3-1. C’est son 6e but du tournoi, et le 14e en Coupe du monde, un total qui égale la légende allemande Gerd Müller.

Mais le capitaine anglais va aussi vivre un moment rare. Quelques minutes plus tard, il concède à son tour un penalty pour une faute sur Brian Gutierrez. Raul Jimenez le transforme : 3-2. Les Anglais avaient déjà tremblé au tour précédent.

Une malédiction brisée, une autre qui perdure

La fin de match tourne au siège. Le Mexique jette toutes ses forces en avant, mais la défense anglaise tient bon, jusqu’à un dernier dégagement des poings de Pickford. Coup de sifflet final, délivrance.

Ce succès a une saveur historique. L’Angleterre devient la toute première équipe à battre le Mexique en Coupe du monde à l’Azteca, et seulement la troisième à s’y imposer en 89 rencontres officielles. Un mur que l’on croyait presque infranchissable.

Pour le Mexique, en revanche, la malédiction continue : les voilà éliminés en huitièmes pour la huitième fois depuis leur quart de 1986. Les Three Lions, eux, défieront la Norvège d’Erling Haaland samedi à Miami. Le tableau des quarts se dessine peu à peu.

Un joueur en moins, un stade en fusion, une statistique centenaire renversée : cette nuit à Mexico restera dans les mémoires. Et si le vrai visage de cette Angleterre, c’était celui-là, celui d’une équipe qui gagne quand tout est contre elle ?