Ciblé par des propos racistes après l’élimination du Paraguay, le capitaine des Bleus a répondu publiquement, soutenu par la Fédération et le gouvernement.
On imagine un footballeur encaisser les critiques sur son jeu, ses choix, ses gestes. On imagine plus difficilement qu’une élue de la République déverse sur lui des insultes racistes assumées. C’est pourtant ce qui est arrivé à Kylian Mbappé après la victoire des Bleus face au Paraguay (1-0), samedi à Philadelphie. Et cette fois, le capitaine de l’équipe de France n’a pas gardé le silence. Sa réponse, publiée ce lundi, a marqué autant par sa fermeté que par sa dignité.
Des propos d’une violence inouïe
Tout part d’une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla, visiblement remontée après l’élimination de son pays. Sur le réseau social X, elle s’en prend à Mbappé avec des mots d’une brutalité rare, ouvertement racistes.
Elle le décrit notamment comme « un Camerounais colonisé qui fait semblant d’être français », avant d’enchaîner insultes et références déshumanisantes. Des propos qui ont immédiatement provoqué une vague d’indignation, en France comme à l’étranger.
Madame Celeste Amarilla,
— Kylian Mbappé (@KMbappe) July 6, 2026
Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction.
Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà… pic.twitter.com/EnYmgQXvPL
Le contexte ? La sénatrice n’aurait pas apprécié que Mbappé refuse de saluer le gardien paraguayen Orlando Gill au coup de sifflet final, au terme d’un match particulièrement tendu.
La réponse posée mais tranchante de Mbappé
Un petit geste, un grand changement : parfois, quelques phrases suffisent à remettre chacun à sa place. Ce lundi, Mbappé a répondu sur le même réseau social.
« Madame Celeste Amarilla, vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction », a-t-il écrit d’entrée. Le capitaine des Bleus a tenu à séparer l’élue de son pays, saluant au passage le parcours des joueurs paraguayens dans la compétition.
« Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié l’effort historique que vos joueurs ont réalisé », a-t-il poursuivi, fustigeant « une dame incompétente donnant la pire image possible de son pays ».
Il a conclu sans détour : « Je ne laisserai jamais aux gens comme elle la liberté de propager leur haine et leur racisme à travers le monde. » Le capitaine s’était déjà exprimé sans filtre après la rencontre.
Un soutien unanime et une suite judiciaire
Face à la gravité des faits, les soutiens institutionnels n’ont pas tardé. La Fédération française de football a qualifié ces propos de « totalement abjects et inacceptables », annonçant un signalement au parquet à des fins de poursuite judiciaire.
La ministre des Sports, Marina Ferrari, a également réagi, évoquant « un choc et une colère profonds » face à des déclarations « ignobles et honteuses ». Le président de la FFF, Philippe Diallo, a lui aussi apporté son soutien au joueur.
Pour beaucoup, la gravité tient aussi au statut de l’auteure : il ne s’agit pas d’un anonyme, mais d’une responsable politique. La rencontre face au Paraguay avait déjà laissé des traces.
Reste désormais à voir quelles suites la justice donnera à ce signalement. Au-delà du terrain, cette affaire rappelle que la lutte contre le racisme dépasse largement le cadre du sport.