Interrogés sur la désignation d’un corps arbitral 100 % argentin, les joueurs français refusent d’entrer dans la polémique et gardent le cap.
Pas question de se laisser distraire. À deux jours de leur quart de finale face au Maroc, les Bleus ont balayé la polémique naissante autour de l’arbitrage. En désignant l’Argentin Facundo Tello, entouré d’un corps arbitral entièrement argentin, la FIFA a fait beaucoup parler. Mais dans le camp français, le message est clair : le sujet ne mérite pas qu’on s’y attarde. Plutôt que d’alimenter les soupçons, les hommes de Didier Deschamps préfèrent renvoyer la question au terrain.
« Ne pas tomber dans la paranoïa »
Face aux journalistes, le troisième gardien Robin Risser a posé les choses avec calme. « Il ne faut pas tomber dans la paranoïa », a-t-il lancé, tout en reconnaissant l’existence d’un contexte particulier.
Le portier lensois fait référence à la rivalité née de la dernière finale de Coupe du monde entre la France et l’Argentine. « Cela fait quelques années qu’il y a une certaine amertume. C’est aussi le jeu », a-t-il glissé, lucide sur les tensions entre les deux nations.
Mais pour lui, l’essentiel est ailleurs. « Si ces arbitres sont là, c’est qu’ils sont au niveau de la compétition. Il faut qu’on se concentre sur ce qu’on peut maîtriser. » La désignation de Tello avait pourtant fait grand bruit.
Upamecano et Mateta dans la même ligne
Le discours est partagé par l’ensemble du groupe. Dayot Upamecano, interrogé sur le sujet, a lui aussi refusé de se laisser entraîner sur ce terrain.
« Je ne me concentre pas sur qui est l’arbitre. Je n’ai jamais fait ça. On veut gagner ce match, c’est tout ce qui nous importe », a tranché le défenseur du Bayern Munich. Une réponse limpide, centrée sur l’objectif sportif.
Même son de cloche pour Jean-Philippe Mateta, selon qui la nomination de Tello « ne change rien ». Le staff tricolore, de son côté, a rappelé que le seizième de finale contre la Suède avait été confié à un arbitre néerlandais, alors que les Pays-Bas étaient un adversaire potentiel des Bleus.
Un arbitre au CV chargé, un passé avec le Maroc
Au-delà de la polémique, Facundo Tello est un habitué des grands rendez-vous. À 44 ans, l’Argentin a dirigé plus de 430 matchs et n’hésite pas à sortir le carton, avec plus de 2 000 avertissements distribués en carrière.
Surtout, il connaît déjà bien le Maroc. En 2022, il était au sifflet du quart de finale remporté 1-0 par les Lions de l’Atlas face au Portugal, un match dont les Portugais avaient longtemps contesté l’arbitrage.
Pour les Bleus, en revanche, ce sera une première : ils n’ont jamais eu Tello au sifflet. Le tableau complet des quarts est désormais connu.
Rendez-vous jeudi 9 juillet à 22 heures, à Boston, pour cette revanche de la demi-finale de 2022. Sur le terrain, la France sait que la meilleure façon de faire taire les débats reste de gagner.