Nommé ce vendredi à la tête de la Seleção, Jorge Jesus a posé ses conditions : la performance passera avant les stars, même la plus célèbre d’entre elles.
Changement d’ère au Portugal. Ce vendredi 10 juillet, Jorge Jesus a été officiellement nommé sélectionneur de la Seleção, en remplacement de Roberto Martinez, parti après l’élimination dès les huitièmes du Mondial. Et le technicien de 71 ans n’a pas perdu de temps pour poser le décor. Dès sa présentation, il a envoyé un message clair, qui semble s’adresser directement à Cristiano Ronaldo : personne ne bénéficiera d’un traitement de faveur. Une rupture assumée avec le passé récent.
Un message sans détour
Interrogé sur sa gestion des stars, Jorge Jesus a été limpide. « Ce qui compte, c’est la performance du joueur. S’il n’est pas performant, quel qu’il soit, il sera remplacé. Le nom n’a aucune importance », a-t-il déclaré.
Pour appuyer son propos, l’ancien coach d’Al-Nassr a rappelé qu’il connaissait déjà bien Ronaldo, qu’il a entraîné la saison dernière en Arabie saoudite. Il a même révélé l’avoir fait sortir en cours de match à seize reprises, sans le moindre conflit.
Une manière de prouver qu’il n’hésitera pas à prendre des décisions fortes, y compris avec le quintuple Ballon d’or. Son prédécesseur avait justement été critiqué pour sa gestion de CR7.
Le cas Ronaldo, déjà au centre de tout
Le contexte donne à ces mots un relief particulier. À 41 ans, Ronaldo a été très discret lors de ce Mondial, au cœur des critiques sur son utilisation. Roberto Martinez, lui, l’avait maintenu sur le terrain jusqu’au bout face à l’Espagne, malgré une prestation médiocre.
Jorge Jesus a toutefois tenu à nuancer sa fermeté par du respect. « Cristiano est un symbole du Portugal. Il entrera dans l’histoire, et j’ai eu un immense plaisir à travailler avec lui », a-t-il salué.
Le sélectionneur a précisé ne pas encore avoir échangé avec le capitaine. « Il ne sera jamais un problème, ni pour l’équipe nationale ni pour moi. Le moment venu, je discuterai avec lui individuellement », a-t-il assuré. Ronaldo, lui, n’a pas encore tranché sur son avenir en sélection.
Une révolution annoncée avant l’Euro 2028
Au-delà du cas Ronaldo, Jorge Jesus promet un vrai changement de cap. « Ma vision du jeu est totalement différente de celle de l’équipe nationale. Absolument différente », a-t-il lancé, affichant l’ambition de gagner des titres.
Le technicien attend aussi un état d’esprit irréprochable. Selon lui, ceux qui rejoignent la sélection pour simplement retrouver leurs proches se trompent : il faudra travailler deux fois plus. Un discours de rupture, sans langue de bois.
Reste désormais à transformer ces mots en résultats. Jorge Jesus aura pour mission de relancer un Portugal en quête de renouveau, avec en ligne de mire l’Euro 2028, puis la Coupe du monde 2030. La question Ronaldo, elle, trouvera sa réponse dans les prochaines semaines.