Furieuses de découvrir le projet d’Infantino dans la presse, les fédérations européennes veulent afficher un front commun dès cette semaine.
La réplique s’organise vite. Deux jours après l’annonce par Gianni Infantino d’un projet visant à ouvrir le capital d’une société commerciale de la FIFA, l’UEFA passe à l’action. L’instance européenne prépare une réunion d’urgence de ses 55 fédérations, en visioconférence, attendue avant la fin de la semaine. But de la manœuvre : forger une position commune face à un plan qualifié de « ligne à ne jamais franchir ». En coulisses, une arme radicale est même évoquée, celle d’un boycott.
Une riposte européenne en préparation
L’UEFA n’a pas traîné. Dès l’annonce du projet, elle a publié un communiqué au vitriol, martelant que personne n’est propriétaire du football et que celui-ci n’est pas un actif à vendre. Un texte qui donne le ton de la confrontation à venir.
La réunion prévue cette semaine doit permettre aux fédérations d’accorder leurs violons. Selon plusieurs sources, une séance virtuelle est très probable dans les prochains jours, pour éviter des prises de position dispersées et peser collectivement dans le rapport de force.
Cette colère prolonge les tensions déjà vives entre l’instance mondiale et ses opposants, à l’image des critiques répétées du patron de la Liga contre Infantino. Le président de la FIFA se retrouve une nouvelle fois isolé face au camp européen.
La menace du boycott sur la table
L’option la plus spectaculaire reste encore floue. Selon plusieurs médias britanniques, certaines nations européennes envisageraient de boycotter une prochaine Coupe du monde pour manifester leur opposition.
La menace est toutefois à manier avec prudence. À plusieurs années de la prochaine édition, il s’agit davantage d’un moyen de pression que d’une décision arrêtée. Aucune fédération ne s’est engagée publiquement dans cette voie pour l’instant.
Un point cristallise la colère : la méthode. La majorité des dirigeants européens ont découvert le projet dans la presse, via des révélations du Times et du Financial Times, sans avoir été consultés au préalable. Un manque de concertation vécu comme un affront.
Un projet à plusieurs milliards
Sur le fond, l’ambition financière est colossale. La FIFA veut créer une entité chargée de gérer ses activités commerciales, et en ouvrir une partie du capital à des investisseurs privés, pour une valorisation d’environ 20 milliards de dollars.
L’instance espère lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. Le fonds Thrive Capital, dirigé par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, est pressenti pour mener le groupe d’investisseurs, avec la banque J.P. Morgan comme conseil. Ce dossier illustre les débats plus larges autour de la marchandisation croissante de la Coupe du monde.
La FIFA se défend de brader son pouvoir : elle assure qu’elle conserverait le contrôle total de la gouvernance, des compétitions et du calendrier, l’investissement ne portant que sur une filiale. Le projet devra de toute façon être validé par une majorité des 211 associations membres. La réunion européenne de cette semaine constituera un premier test de la fronde.