Sepp Blatter sort du silence pour torpiller Gianni Infantino et son projet

Gabriel Gromellon

1 août 2026 10h55

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Sepp Blatter sort du silence pour torpiller Gianni Infantino et son projet

Crédit Photo - IconSport

Sepp Blatter, qui a régné dix-sept ans sur la FIFA, s’est invité dans la crise en dénonçant une dérive marchande, peu avant le renoncement de son successeur.

Il n’occupe plus aucune fonction depuis dix ans, mais sa parole porte encore. Sepp Blatter, patron de la FIFA de 1998 à 2015, a choisi de rompre le silence au pire moment pour Gianni Infantino. Vendredi soir, l’homme de 90 ans a publié un message au vitriol contre le plan d’ouverture du football à des investisseurs privés. Quelques heures plus tard, le projet était retiré. Retour sur une intervention qui a résonné comme un désaveu venu du passé.

Le poids d’une intervention

Blatter n’a pas mâché ses mots. Pour lui, l’instance mondiale ne peut être gérée comme une structure financière ordinaire, car sa vocation première est de veiller sur le football et non de le monnayer.

L’ancien dirigeant a comparé les grandes compétitions à des trésors qu’on ne brade pas. À ses yeux, les céder partiellement à des acteurs privés reviendrait à sacrifier ce qui fait la valeur profonde du jeu, bien au-delà de sa dimension commerciale.

Venant de celui qui a incarné l’institution pendant près de deux décennies, la sortie a fait mouche. Elle a cristallisé, en quelques phrases, le malaise que le projet inspirait à de nombreux acteurs du football.

Un désaveu dans un climat déjà tendu

La déclaration ne tombait pas dans le vide. Depuis plusieurs jours, Infantino faisait face à une opposition grandissante, entre confédérations vent debout et remous internes à la FIFA.

L’Europe avait ouvert les hostilités, allant jusqu’à évoquer un boycott, avant que la contestation ne s’étende à l’intérieur même de l’institution, illustrée par le départ retentissant d’un conseiller de premier plan. Chaque voix supplémentaire fragilisait un peu plus le président.

La charge de Blatter a agi comme un signal fort. Peu après, Infantino jetait l’éponge, une décision décryptée dans notre article sur le renoncement du patron de la FIFA.

Une leçon d’éthique qui interpelle

Voir Blatter se poser en gardien des valeurs ne manque pas de sel. Son propre départ, en 2015, était survenu au cœur d’un scandale de corruption qui avait ébranlé toute la gouvernance de la FIFA.

Le Suisse avait aussi été poursuivi dans un dossier distinct, autour d’un versement de deux millions de francs suisses à Michel Platini en 2011, que les deux hommes ont toujours présenté comme une rémunération légitime.

La justice suisse les a blanchis à deux reprises, en 2022 puis en appel au printemps 2025. C’est donc débarrassé de ces poursuites que Blatter se permet aujourd’hui de commenter, avec un poids symbolique certain, les choix de celui qui lui a succédé.