La France n’a pas les terrains pour affronter les prochaines sécheresses dans le foot amateur

Gabriel Gromellon

10 août 2026 16h50

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La France n’a pas les terrains pour affronter les prochaines sécheresses dans le foot amateur

Crédit Photo - IconSport

Sur 25 000 terrains de football à 11 recensés dans le pays, 3 300 seulement sont en gazon synthétique.

« Maintenant y a 90 % de terrain synthétique, donc pas de problème. » La phrase, postée par un supporter isérois sous notre article consacré à l’état des pelouses, a déclenché une avalanche de réponses. Un lecteur de la Nièvre lui a opposé un chiffre : son département n’en compte que trois. Un Breton l’a invité à venir constater sur place. Les données de la Fédération française de football tranchent le débat : le synthétique représente 13 % du parc national. Autrement dit, 21 700 terrains restent à la merci du climat.

Une France coupée en deux

Le chiffre national masque des écarts considérables. Dans le Rhône et en Isère, plusieurs supporters décrivent des championnats de district disputés en grande majorité sur surface artificielle.

À l’inverse, plusieurs départements ruraux en sont quasiment dépourvus. En Nièvre, un lecteur en dénombre trois. En Bretagne, plusieurs contributions évoquent des clubs de district sans aucune alternative à l’herbe.

Le nord de la Vendée fait figure de cas à part. Un supporter y explique que les communes équipées prêtent leurs installations aux voisines dont les terrains sont grillés, une solidarité impossible là où l’offre manque. La reprise approche pourtant pour tout le monde.

Les synthétiques existants sont déjà saturés

Le déficit se mesure aussi à l’usage. Selon une étude de la Fédération, près de la moitié des terrains synthétiques français sont utilisés plus de trente heures par semaine, un rythme que l’instance explique elle-même par un manque d’infrastructures.

Cette saturation limite mécaniquement la solution avancée par de nombreux commentateurs, qui proposent de basculer les rencontres sur ces surfaces. Les créneaux disponibles sont déjà largement occupés.

S’ajoutent les objections pratiques soulevées par nos lecteurs : coût prohibitif pour un club de district, entretien lourd entre brossage, décompactage et aspiration, et température au sol qui rend l’entraînement difficile par forte chaleur.

Une échéance européenne complique l’équation

Le développement du synthétique se heurte à un calendrier réglementaire. Un règlement européen adopté en septembre 2023 interdit la mise sur le marché des granulats microplastiques de remplissage à compter du 17 octobre 2031.

Les terrains existants pourront être conservés au-delà de cette date, seule la vente de granulés neufs étant proscrite. Mais la Fédération a déjà tiré les conséquences : elle ne finance plus les projets utilisant un remplissage élastomère via son Fonds d’aide au football amateur.

Les alternatives, comme le liège, existent mais renchérissent les projets. La réforme des championnats nationaux a par ailleurs imposé l’abandon des synthétiques au troisième échelon.

La coupe de France va reprendre avec 21 700 terrains en herbe et une sécheresse qui dure, rendant la pratique du football difficile sur certains terrains.