Mohamed Sanhadji conserve ses fonctions auprès de l’équipe de France, malgré une procédure judiciaire en cours.
Il n’est ni entraîneur, ni analyste, ni préparateur physique. Mohamed Sanhadji est pourtant le nom qui a retenu l’attention des joueurs dans l’organigramme dévoilé jeudi par la Fédération. Officier de liaison et de sécurité des Bleus depuis 2004, cette figure familière de Clairefontaine conserve sa place auprès de Zinédine Zidane, en charge de la logistique et de la sécurité. Un maintien qui n’avait rien d’évident, tant sa situation administrative s’était compliquée ces derniers mois.
Vingt-deux ans auprès des Bleus
Sa longévité explique son statut. Entré dans la police en 1988, il accompagne la sélection depuis 2004 et a traversé plusieurs générations de joueurs.
Son rôle dépasse largement les questions de sécurité. Il accueille les internationaux à leur arrivée en stage, connaît leurs habitudes et fait partie du quotidien du groupe. Les joueurs le désignent par son surnom, Momo.
Zidane connaissait parfaitement cette situation. Selon L’Équipe, il souhaitait le conserver dès la préparation de son arrivée, et il a obtenu gain de cause. Le sélectionneur avait annoncé fin juillet vouloir s’entourer de personnes qu’il connaît.
Un dossier encore ouvert
Le contexte reste délicat. Le commandant a reçu 60 300 euros de Kylian Mbappé, dans le cadre d’un versement plus large de 180 300 euros à cinq policiers chargés de la sécurité des Bleus.
Le capitaine tricolore avait signé un document indiquant vouloir redistribuer sa prime de la Coupe du monde 2022 aux forces de sécurité et à des associations. La police a ouvert une enquête administrative, et le parquet de Paris une enquête préliminaire.
L’avocat du commandant conteste toute irrégularité, estimant que ce don était licite, effectué par chèque et sans obligation de déclaration. Aucune décision de justice n’a été rendue à ce jour.
Un signal envoyé au vestiaire
La Fédération avait pourtant publié une offre de poste pour lui trouver un successeur avant le Mondial, un épisode mal vécu en interne. Elle l’avait ensuite recruté en contrat court pour accompagner les Bleus en Amérique du Nord.
Son maintien traduit donc un arbitrage rendu en faveur du nouveau sélectionneur. Le staff médical, lui, a été largement renouvelé, avec le départ de Franck Le Gall après quatorze ans de service.
Zidane prend ses fonctions le 1er septembre. Quatre matchs officiels l’attendent dès le premier rassemblement.