Débouté par la justice administrative, le club bordelais étudie de nouveaux recours pendant que ses candidats à la reprise interpellent directement la Fédération.
La soirée de vendredi restera comme un tournant dans le feuilleton bordelais. Après le rejet par le tribunal administratif de Paris du référé visant à suspendre l’exclusion des championnats nationaux, les Girondins de Bordeaux et leurs repreneurs potentiels ont refusé de considérer le dossier comme clos. En l’espace d’une heure, deux communiqués ont été publiés, l’un par les investisseurs, l’autre par le club. Tous deux annoncent la poursuite du combat, désormais sur le terrain institutionnel.
Une décision de justice défavorable
Le juge des référés a tranché en défaveur du club. Il a estimé que le versement de 10,6 millions d’euros par une structure liée à Sparta Capital, intervenu le 31 juillet, était postérieur à l’audition devant la commission d’appel de la DNCG du 15 juillet.
Or les textes sont clairs sur ce point. Seuls les engagements concrétisés à la date de cette audition peuvent être pris en compte, un principe justifié par l’équité sportive entre tous les clubs.
La requête a donc été rejetée sans examen de l’urgence. Une issue qui referme la voie contentieuse et laisse Bordeaux face à une reprise programmée à l’échelon régional, avec de lourdes conséquences économiques, y compris pour la Métropole bordelaise.
Les repreneurs mettent en cause la Fédération
La riposte des investisseurs n’a pas tardé. Dans un communiqué commun signé par Franck Tuil, Jérémy Green et Dominique Delport, Sparta Capital et Park Bench ont vivement contesté la position adoptée par la Fédération française de football.
Ils affirment que le tribunal avait demandé à l’instance, lors de l’audience du 20 août, de réexaminer leur dossier en urgence, avant que celle-ci ne maintienne sa décision. Les repreneurs mettent en avant un projet chiffré à 100 millions d’euros sur dix ans.
Leur critique est frontale. Ils reprochent à la Fédération d’avoir fait le choix du « dogmatisme », un terme qui aurait selon eux également été employé par l’avocat de l’instance lors de l’audience, en refusant d’examiner les garanties apportées après la mi-juillet.
Un ultime appel au Comité exécutif
Les investisseurs ont désormais changé de cible. Ils demandent au Comité exécutif de la Fédération de procéder sans délai à un nouvel examen du dossier, en s’appuyant sur les éléments financiers récemment transmis.
Ils s’appuient sur une lecture précise des statuts. Selon eux, un seul membre du Comex suffirait à déclencher cette procédure, et une lettre accompagnée de pièces justificatives a été adressée au président de la Fédération, Philippe Diallo.
Le club a lui aussi réagi. Dans son propre communiqué, il regrette que les nouvelles garanties financières n’aient pu être examinées par la DNCG et indique étudier les voies de recours encore disponibles, alors que d’autres clubs se tournent aussi vers la justice.