À 41 ans, le capitaine portugais est convoqué pour sa sixième Coupe du monde, un record absolu dans l’histoire du football mondial.
Personne, jamais, n’a fait ça. Ce mardi 19 mai, en confirmant Cristiano Ronaldo dans sa liste des 27 joueurs portugais pour la Coupe du monde 2026, Roberto Martinez a fait entrer le capitaine de la Seleção dans une dimension à part. À 41 ans, CR7 va devenir le tout premier footballeur de l’histoire à disputer six Coupes du monde. Pas cinq comme Lothar Matthäus, l’ancien recordman, mais bien six. Et le plus fou, c’est qu’il pourrait y gagner enfin le seul trophée majeur qui manque à son armoire. Une dernière danse au goût d’éternité.
Six Mondiaux, un record qui défie l’âge
Faites le compte. 2006 en Allemagne, où un Ronaldo de 21 ans découvre le grand show. 2010 en Afrique du Sud. 2014 au Brésil. 2018 en Russie. 2022 au Qatar. Et 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Six éditions, vingt ans d’écart entre la première et la dernière. Le précédent record, détenu conjointement par l’Allemand Lothar Matthäus, le Mexicain Antonio Carbajal, le Mexicain Rafael Marquez, le Saoudien Andres Guardado et le Mexicain Guillermo Ochoa, s’établissait à cinq participations. Ronaldo le pulvérise.
Cinq Mondiaux, c’était déjà l’œuvre d’une carrière. Six, c’est de la science-fiction. Sa longévité au plus haut niveau international défie tout ce qu’on croyait possible dans un sport qui broie les organismes. Et pourtant, le capitaine portugais reste titulaire indiscutable de la Seleção, meilleur buteur de l’histoire du football international avec 143 buts en 226 sélections.
Le seul trophée qui lui manque encore
C’est l’obsession qui hante CR7 depuis 2006. Cinq Ballons d’Or, cinq Ligues des champions, trois championnats d’Angleterre, deux Liga, deux Serie A, un Euro 2016, deux Ligues des nations (2019 et 2025). Tout, absolument tout, sauf la Coupe du monde. Le seul vide dans une armoire qui déborde de breloques.
À 41 ans, Roberto Martinez le sait : c’est la dernière chance. Le sélectionneur espagnol a justifié son choix avec une formule simple. « L’âge n’est qu’un chiffre. Tous les internationaux portugais sont évalués selon ce qu’ils apportent sur le terrain et au sein du groupe. » Un petit geste, un grand changement. Maintenir le capitaine, c’est offrir au Portugal son leader spirituel pour ce qui s’annonce comme la quête de toute une génération.
Kroupi recalé, le PSG bien servi
L’autre info de la liste, c’est l’absence d’Eli Junior Kroupi. La pépite franco-portugaise de 19 ans, formée à Lorient et auteure d’une saison remarquable à Bournemouth, faisait jaser jusqu’au bout. Le quotidien portugais A Bola plaidait pour sa sélection, vantant un profil « intelligent, polyvalent, qui presse bien et offre de l’imprévisibilité ». Martinez a tranché : trop tôt. Afonso Moreira, le jeune lyonnais, fait également les frais de la concurrence offensive.
En revanche, le PSG est gâté. Nuno Mendes, Joao Neves, Vitinha et Gonçalo Ramos : quatre Parisiens dans la liste, soit la plus forte représentation du club champion d’Europe dans une sélection. Une consécration pour Luis Enrique, dont le projet a clairement marqué la Seleção. Sans surprise non plus, Bruno Fernandes, Bernardo Silva, Ruben Dias, Rafael Leao et Joao Felix complètent une armada offensive et créative redoutable.
Un groupe abordable, un défi monumental
Placé dans le groupe K, le Portugal entamera son Mondial face à la RD Congo le 19 juin, puis affrontera l’Ouzbékistan et la Colombie. Un tirage que beaucoup jugent favorable, même si l’expérience du Cameroun de 2022 face au Qatar a rappelé qu’aucun match n’est joué d’avance.
L’objectif est limpide : faire mieux que le quart de finale de 2022 perdu contre le Maroc. Et idéalement, soulever enfin cette première étoile dont rêve le pays depuis 1966, année de la 3e place historique d’Eusebio. Avec une génération à maturité (Bruno Fernandes, Bernardo Silva, Vitinha, Ruben Dias, Rafael Leao) et un leader qui veut sortir par la grande porte, les ingrédients sont réunis.
L’ombre de Diogo Jota plane sur la Seleção
Impossible d’évoquer ce groupe sans penser à celui qui n’y sera pas. Diogo Jota, décédé tragiquement dans un accident de voiture l’année dernière, manquera cruellement à l’équipe portugaise. Le numéro 9 de Liverpool aurait incarné l’avenir de la Seleção. Roberto Martinez a évoqué « un hommage permanent » que le groupe veut lui rendre à travers ses performances.
Une motivation supplémentaire pour des joueurs qui savent que ce Mondial dépasse le cadre sportif. Pour CR7, ce sera l’épilogue. Pour la Seleção, l’occasion historique. Pour le football mondial, l’occasion de saluer un dernier acte qu’on n’a jamais vu auparavant. Six Mondiaux. Une vie. Et peut-être, enfin, une étoile.
La liste des 27 joueurs du Portugal pour la Coupe du monde 2026
Gardiens
Diogo Costa (Porto)
José Sá (Wolverhampton)
Rui Silva (Sporting)
Ricardo Velho (Farense)
Défenseurs
Diogo Dalot (Manchester United)
Matheus Nunes (Manchester City)
Nélson Semedo (Fenerbahçe)
João Cancelo (FC Barcelone)
Nuno Mendes (PSG)
Gonçalo Inácio (Sporting)
Renato Veiga (Villarreal)
Rúben Dias (Manchester City)
Tomás Araújo (Benfica)
Milieux de terrain
Rúben Neves (Al-Hilal)
Samuel Costa (Majorque)
João Neves (PSG)
Vitinha (PSG)
Bruno Fernandes (Manchester United)
Bernardo Silva (Manchester City)
Attaquants
João Félix (Al Nassr)
Francisco Trincão (Sporting)
Francisco Conceição (Juventus)
Pedro Neto (Chelsea)
Rafael Leão (AC Milan)
Gonçalo Guedes (Real Sociedad)
Gonçalo Ramos (PSG)
Cristiano Ronaldo (Al Nassr)