Après l’élimination des Pharaons, les médias égyptiens se sont enflammés sur l’arbitre français, quand le sélectionneur, lui, a choisi la dignité.
Voilà un match qui n’a pas fini de faire parler au Caire. Battue 3-2 par l’Argentine après avoir mené 2-0, l’Égypte est passée tout près de l’exploit, avant de voir la rencontre lui échapper. Et dans la presse égyptienne, un nom cristallise les frustrations : François Letexier, l’arbitre français du match. Mais derrière la colère des médias, une voix a détonné par son calme, celle du sélectionneur. Retour sur la manière dont l’Égypte a digéré cette soirée amère.
Le but annulé qui a mis le feu aux poudres
Le point de rupture est connu. Autour de l’heure de jeu, l’Égypte pense inscrire le 2-0 par Mostafa Zico, au terme d’un contre spectaculaire. Mais la VAR rappelle Letexier pour une faute de Marwan Attia en début d’action.
But refusé. Une décision qui a fait bondir la presse égyptienne, d’autant que le reste du match avait été arbitré avec bien plus de souplesse. Le média Kooora a d’ailleurs rappelé plusieurs décisions litigieuses ayant, selon lui, favorisé l’Argentine depuis le début du tournoi.
Zico finira par marquer dix minutes plus tard, mais la frustration ne retombera jamais vraiment. Le récit complet de cette remontada argentine est à retrouver ici.
Une presse remontée, des réseaux en ébullition
Dans les colonnes des grands médias égyptiens, le ton est monté. Sur les réseaux et dans plusieurs analyses, l’arbitrage de Letexier a été décrit comme déséquilibré, notamment dans la gestion des cartons distribués aux Pharaons.
L’ancien arbitre international égyptien Samir Osman s’est même invité dans le débat, cherchant à décrypter les raisons de la polémique arbitrale qui entoure ce match depuis plusieurs jours.
Signe de l’émotion nationale, le président Abdel Fattah al-Sissi a adressé un message de soutien aux joueurs après la défaite, saluant leur parcours dans cette Coupe du monde. Une manière de rappeler la place immense du football dans le pays.
Hossam Hassan, la voix de la retenue
Pourtant, au milieu de cette agitation, une figure a refusé d’entrer dans la polémique : le sélectionneur Hossam Hassan. Avant même le match, il avait posé sa ligne de conduite.
« Nous n’avons jamais contesté et ne contesterons jamais les décisions arbitrales », avait-il affirmé. Il rappelait qu’en huitième face à la Belgique, l’Égypte avait réclamé deux penalties sans les obtenir, sans pour autant protester, par respect pour le corps arbitral.
Cette posture digne tranche avec l’emballement médiatique. Elle rappelle aussi que, sur le terrain, l’Égypte a longtemps tenu tête au champion du monde, avant de céder dans les dernières minutes. La désignation de Letexier avait déjà agité l’Argentine en amont.
L’Égypte quitte donc le Mondial avec des regrets, mais aussi la fierté d’un parcours abouti. Reste une question qui dépasse ce match : jusqu’où le VAR doit-il intervenir sur des contacts minimes ? Le débat, lui, est loin d’être clos.