Malgré son doublé décisif, le milieu du Real Madrid n’a pas digéré les critiques de son sélectionneur, qui a jugé la victoire chanceuse.
Étrange ambiance chez les Three Lions. L’Angleterre vient d’arracher sa place en demi-finale de la Coupe du monde face à la Norvège (2-1 a.p.), portée par un doublé de Jude Bellingham. Mais au lieu de savourer, le sélectionneur Thomas Tuchel a étrillé la performance de son équipe. Une sortie qui n’est pas passée auprès de son maître à jouer, lequel n’a pas tardé à répliquer publiquement. Retour sur une passe d’armes qui en dit long sur les relations entre les deux hommes.
Tuchel refroidit la fête
Le ton est donné dès l’après-match. Interrogé sur Fox et ITV, Tuchel n’a pas caché sa frustration malgré la qualification.
« Nous nous sommes vraiment compliqué la tâche aujourd’hui. Le résultat est fantastique, être en demi-finale c’est incroyable, mais je ne suis pas satisfait de notre prestation », a lâché l’Allemand. Il a évoqué un jeu « bâclé », truffé « d’erreurs techniques », avant d’ajouter une phrase lourde : « Nous avons eu de la chance aujourd’hui. »
Le technicien s’est même agacé quand on lui a parlé de mentalité. « Ce n’est pas une question de mentalité, c’est une question de qualité. Nous devons mieux jouer. » Le récit complet de cette qualification est à retrouver ici.
La réponse cinglante de Bellingham
Le héros du soir, lui, n’a pas apprécié. Interrogé une première fois sur les critiques de son coach, Bellingham a d’abord esquivé avec un sourire. « Ouais, enfin. Peu importe. Peu importe. »
Puis il a pris la défense de ses partenaires. « C’est plus difficile sur le terrain. Tous les joueurs se donnent à fond. J’adresse mes pensées et ma reconnaissance à ceux qui ont bien performé. »
Relancé plus tard, le milieu de 23 ans a glissé une pique bien plus directe. « Peut-être qu’il ne sait pas ce que c’est de jouer dans ces conditions face à Haaland, Ødegaard, Nusa ou Sørloth. Ce n’est pas une équipe facile à affronter. »
Il a conclu par une formule assumée : « Tu ne gagneras pas toujours les matchs en faisant 1000 passes. Parfois, tu dois gagner en jouant sale. Et c’est ce qu’on a fait ce soir. »
Tuchel nuance, mais les tensions persistent
Face aux réactions, le sélectionneur a tenté d’arrondir les angles en conférence de presse. « Personne ne remet en question leur travail. Je suis impressionné par leurs efforts, par le fait d’avoir surmonté l’adversité », a-t-il concédé.
Mais il n’a rien renié sur le fond. « Je suis aussi un entraîneur de football, et je pense que nous pouvons mieux jouer. Ce n’était pas un match de très haut niveau. »
Cette friction n’a rien d’un accident. Depuis l’arrivée de Tuchel en 2025, ses relations avec Bellingham sont régulièrement décrites comme tendues. L’Allemand avait même écarté le Madrilène de plusieurs rassemblements avant de lui redonner sa confiance pour ce Mondial.
Un pari gagnant sur le terrain, avec six buts pour Bellingham dans le tournoi. Reste à savoir si cette passe d’armes pèsera avant la demi-finale face à l’Argentine, mercredi à Atlanta. L’Albiceleste attend déjà les Three Lions.