« Sans Français » : les propos racistes de l’ancien Premier ministre espagnol sur les Bleus indignent

Gabriel Gromellon

12 juillet 2026 10h00

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« Sans Français » : les propos racistes de l’ancien Premier ministre espagnol sur les Bleus indignent

Crédit Photo - IconSport

À trois jours de la demi-finale entre la France et l’Espagne, Mariano Rajoy a signé une tribune dont une phrase vise l’origine des joueurs tricolores.

La demi-finale n’a pas encore commencé que les hostilités ont déjà quitté le terrain. Dans une tribune publiée par le quotidien espagnol El Debate, l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy a tenu des propos largement qualifiés de racistes à l’encontre de l’équipe de France. Une sortie d’autant plus lourde qu’elle émane d’un ancien chef de gouvernement, et qu’elle s’ajoute à une série d’attaques visant les Bleus depuis le début de ce Mondial.

Une phrase qui en dit long

Le paradoxe est frappant. Dans son texte, Rajoy commence par saluer la qualité des Tricolores. Il rappelle leur statut de double champion du monde, leur place de finaliste lors de la dernière édition, leur parcours sans faute dans le tournoi et leur première place au classement FIFA.

Puis vient la phrase qui a fait bondir. Après avoir souligné que l’effectif français était « de très haut niveau », l’ancien dirigeant du Parti Populaire ajoute : « Et ce, sans Français. »

Une formule qui revient à contester la nationalité des joueurs de Didier Deschamps en raison de leurs origines. Elle vise, en creux, la diversité d’une sélection qui compte de nombreux binationaux et enfants de l’immigration.

Une attaque qui n’est pas isolée

Ce dérapage s’inscrit dans un contexte inquiétant. Ce n’est pas la première fois que les Bleus sont visés par des propos racistes durant cette Coupe du monde.

Quelques jours plus tôt, Kylian Mbappé avait été la cible d’attaques d’une extrême violence de la part de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla. Le capitaine tricolore lui avait répondu publiquement, soutenu par la Fédération française, qui avait effectué un signalement au parquet. Mbappé avait alors répondu avec une grande fermeté.

À chaque fois, le schéma se répète : une performance sportive française, puis une remise en cause de l’identité des joueurs. Un procédé qui vise moins le football que ceux qui le pratiquent.

Un climat pesant avant le choc de mardi

Sur le plan sportif, l’affiche s’annonce pourtant magnifique. La France, qualifiée aux dépens du Maroc (2-0), affrontera l’Espagne mardi 14 juillet à 21 heures, pour une place en finale. Les Bleus s’étaient imposés grâce au duo Mbappé-Dembélé.

Deux nations, deux styles, et une rivalité récente marquée par l’élimination française à l’Euro 2024. De quoi nourrir une attente immense des deux côtés des Pyrénées.

Reste que ces sorties polluent le rendez-vous. Elles rappellent aussi que le racisme continue de s’inviter dans le football, y compris par la voix de responsables politiques de premier plan. La réponse des Bleus, elle, se jouera sur le terrain mardi soir.