Pirlo, Maldini, Leonardo : le football italien s’enfonce un peu plus dans la crise

Gabriel Gromellon

27 juillet 2026 21h31

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Pirlo, Maldini, Leonardo : le football italien s’enfonce un peu plus dans la crise

Crédit Photo - IconSport

En quelques jours, la Fédération a perdu son sélectionneur pressenti puis son duo dirigeant, offrant l’image d’un Calcio incapable de sortir la tête de l’eau.

Le football italien touche un nouveau fond. Déjà traumatisé par un troisième Mondial manqué d’affilée, le Calcio s’enfonce dans une crise institutionnelle qui vire au psychodrame. En quelques jours, la Fédération a vu s’effondrer le projet censé la relancer : le sélectionneur pressenti écarté, puis le directeur technique et son conseiller poussés vers la sortie. Un enchaînement qui expose au grand jour les divisions au sommet de la Squadra Azzurra, et repousse encore l’espoir d’un renouveau.

Une révolution avortée en quelques jours

Tout devait pourtant repartir de zéro. Après l’échec de la qualification au Mondial et le limogeage de Gennaro Gattuso, la Fédération avait confié les clés à Paolo Maldini, épaulé de Leonardo, pour bâtir un nouveau projet et trouver un sélectionneur.

Le duo avait rêvé grand, courtisant Pep Guardiola puis Carlo Ancelotti, avant de se rabattre sur Andrea Pirlo. Mais la candidature du champion du monde 2006 a été bloquée par le président Giovanni Malagò, en raison de son contrat avec une société de paris russe.

Ce désaveu a tout fait basculer. Privés de leur homme, Maldini et Leonardo ont démissionné seize jours seulement après leur nomination, comme le racontait déjà notre point sur le chaos né de l’affaire Pirlo. La refonte est morte avant même d’avoir commencé.

Une Fédération à reconstruire dans l’urgence

Le résultat, c’est un organigramme à réinventer en pleine tempête. Pour le poste laissé vacant par Maldini, la piste mène à Giorgio Chiellini, actuel directeur de la stratégie sportive à la Juventus, dont le nom incarnerait un peu de stabilité.

Sur le banc, les cartes ont été rebattues. Un temps annoncé favori, Antonio Conte est désormais devancé par Roberto Mancini, que Malagò apprécie de longue date. Le technicien de 61 ans, libre depuis son départ d’Al-Sadd en juin, a déjà dirigé l’Italie et remporté l’Euro 2021.

D’autres noms, comme celui de Thiago Motta, ont vu leur cote chuter avec le départ de Maldini. Preuve que chaque décision dépend désormais d’équilibres politiques mouvants, plus que d’un projet sportif clair.

Le symptôme d’un football en perte de repères

Au-delà des noms, c’est la gouvernance du football italien qui interroge. Enchaîner un tel cafouillage quelques semaines seulement après une nouvelle désillusion mondiale renvoie l’image d’une institution qui navigue à vue.

Le contraste est saisissant avec d’autres nations qui ont géré leur transition sans heurts. Là où la Squadra Azzurra multiplie les faux départs, certaines sélectionnaient sereinement leur nouveau patron, sans le moindre psychodrame public.

L’Italie, elle, n’a plus le temps de tergiverser. Sa Ligue des nations à l’automne, puis la reprise du championnat italien, approchent, et la Nazionale a besoin d’un cap. Chaque jour de flottement supplémentaire pèse un peu plus sur un football déjà à la peine.