Un seul but, obtenu sur pénalty, pour faire tomber le mur paraguayen : les Bleus sont en quarts, mais ils ont sué.
On imaginait l’attaque la plus prolifique du tournoi dérouler face au 34e nation mondiale. On a eu droit à tout l’inverse. Pendant soixante-dix minutes, la France a buté sur un bloc paraguayen ultra-compact, rugueux, parfois à la limite. Et si ce match nous rappelait une vérité oubliée du foot : le talent ne suffit pas toujours ? À Philadelphie, sous une chaleur écrasante, il aura fallu un pénalty de Kylian Mbappé pour libérer des Bleus longtemps stériles. Score final : 1-0. Objectif quarts atteint, dans la douleur.
Soixante-dix minutes de galère avant la délivrance
Un petit geste, un grand changement : la percée de Désiré Doué, tout juste entré, aura tout fait basculer.
Avant lui, rien. La France a eu le ballon, le camp adverse, la possession, mais pas la faille. Le Paraguay de Gustavo Alfaro s’était rangé en bloc bas, prêt à défendre chaque mètre carré. Koné a tenté de loin, Rabiot aussi, Mbappé a manqué une tête sur un centre de Dembélé. Rien ne passait.
La bascule vient à la 65e. Doué, lancé dans la surface, se fait accrocher par Gomez. L’arbitre laisse d’abord jouer, puis la VAR le renvoie vers l’écran. Pénalty. Cinq minutes plus tard, Mbappé s’avance et ne tremble pas.
Le but le plus discret, mais le plus précieux
Ce pénalty n’a rien d’un chef-d’œuvre. C’est pourtant le 7e but de Mbappé dans ce Mondial, et son 18e en Coupe du monde toutes éditions confondues. Une seule longueur le sépare désormais de Lionel Messi et de ses 19 réalisations, record absolu de la compétition.
Le capitaine des Bleus, déjà meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, continue d’aligner les statistiques. Mais ce soir-là, l’homme du match n’était pas seulement lui. Maignan a rassuré sur plusieurs sorties aériennes, et la défense a tenu bon jusqu’au bout, malgré un temps additionnel étiré à dix minutes.
Car le Paraguay n’a jamais renoncé. Coups appuyés, provocations, temps grignoté : les Guaraníes ont joué avec les limites du règlement, forçant l’arbitre Ilgiz Tantashev à sortir le sifflet régulièrement. L’arbitrage de la rencontre a d’ailleurs fait beaucoup parler côté français.
Le Maroc au bout du chemin, jeudi
La récompense de cette victoire au forceps porte un nom : le Maroc. Les Lions de l’Atlas ont dominé le Canada (3-0) plus tôt dans la journée et attendaient le vainqueur de ce huitième. La sélection marocaine s’est qualifiée avec une maîtrise qui a impressionné.
Rendez-vous est pris pour jeudi 9 juillet à 22h. Un remake du choc de 2022, quand les Bleus avaient écarté le Maroc en demi-finale du Mondial qatari. Cette fois, les Lions de l’Atlas voudront prendre leur revanche. Tout ce qu’il faut savoir sur ce quart de finale se trouve ici.
Une chose interpelle : privée de Tchouaméni et longtemps stérile, cette équipe de France sait aussi gagner sans briller. Peut-être la meilleure nouvelle du soir pour Didier Deschamps.
Un avertissement plus qu’une inquiétude
La France est en quarts, invaincue depuis le début du tournoi. Mais ce huitième laisse un goût particulier : celui d’un match où le talent brut n’a pas suffi, où il a fallu s’accrocher. Face au Maroc, quatrième du dernier Mondial, ce mental d’acier pourrait bien peser autant que les buts de Mbappé.