Le président de la FIFA assume avoir parlé au président américain, tout en jurant que la décision revient à des instances totalement indépendantes.
Un président de fédération sportive qui reçoit un coup de fil du président des États-Unis, la veille d’un match capital : voilà de quoi nourrir toutes les suspicions. On ne s’en doute pas toujours, mais les coulisses d’une Coupe du monde se jouent aussi loin des pelouses, dans les échanges téléphoniques et les communiqués. Depuis que Folarin Balogun a été blanchi de sa suspension, la polémique enfle. Ce lundi, Gianni Infantino est sorti du silence pour tenter d’éteindre l’incendie. Sans vraiment y parvenir.
Un coup de fil présidentiel assumé
Un petit geste, un grand changement : parfois, un simple appel suffit à faire vaciller la confiance de tout un sport.
Le point de départ est désormais public. Donald Trump a lui-même reconnu avoir contacté Infantino pour demander une révision du carton rouge infligé à l’attaquant américain. « Tout ce que j’ai fait, c’est demander un réexamen. Je n’ai pas dit : vous devez faire ça », a affirmé le président depuis le Bureau ovale.
Infantino, de son côté, n’a pas nié cet échange. Dans un communiqué, il confirme avoir reçu l’appel, tout en le banalisant. Il assure recevoir régulièrement des sollicitations de chefs d’État et de dirigeants du monde entier.
« Je lui ai expliqué qu’une procédure juridique était en cours et que l’affaire serait tranchée en temps voulu par les organes compétents », détaille-t-il.
La défense de l’indépendance
Tout l’argumentaire du dirigeant repose sur un mot : l’indépendance. Il martèle que les organes judiciaires de la FIFA fonctionnent de manière autonome et décident selon le règlement, sans influence extérieure.
« Leur indépendance est essentielle à la crédibilité et à l’intégrité du football », insiste-t-il. Il ajoute, presque candidement, que les décisions de la commission de discipline le surprennent parfois, et qu’il ne les partage pas toujours.
Communiqué de Gianni Infantino à propos de la décision de la FIFA
— Joueurs Belges 🇧🇪 (@JoueursBE) July 6, 2026
« J’ai vu les commentaires publics concernant la décision du Comité de discipline indépendant de la FIFA relative à la suspension de Folarin Balogun, et je souhaite réitérer un principe fondamental de la… pic.twitter.com/174nZjL40d
Sur le fond, la décision s’appuie sur l’article 27 du Code disciplinaire, qui permet de suspendre une sanction à titre probatoire. Un mécanisme déjà utilisé pour Cristiano Ronaldo par le passé. Le détail de ce dispositif est expliqué ici.
Reste que le calendrier, un appel présidentiel suivi d’un revirement, continue d’alimenter les doutes, qu’aucune preuve d’ingérence ne vient pour l’heure confirmer.
Une pluie de critiques
Car la sortie d’Infantino n’a pas calmé les esprits, loin de là. L’UEFA, l’instance du football européen, a haussé le ton, accusant la FIFA d’avoir « franchi une ligne rouge » et jugeant la décision injustifiable.
La Belgique, adversaire des États-Unis, a de son côté vu son recours rejeté, faute de qualité pour agir. Une fin de non-recevoir qui a renforcé son sentiment d’injustice. Les Diables Rouges avaient dénoncé une décision contraire au règlement.
Même en Angleterre, le sélectionneur Thomas Tuchel a ironisé sur la question, se demandant où s’arrêterait ce genre de démarche. Le gouvernement britannique, lui, a rappelé que ces décisions devaient rester du seul ressort de la FIFA.
Au-delà du cas Balogun, c’est une question de fond qui s’installe : jusqu’où le sport peut-il rester imperméable aux pressions extérieures ? Le débat, lui, ne fait que s’installer dans le paysage de ce Mondial.