Après une nouvelle qualification arrachée, le sélectionneur argentin a lui-même reconnu que l’expulsion d’Embolo avait tout changé.
Il y a des phrases qui pèsent lourd dans un contexte tendu. Après la victoire de l’Argentine face à la Suisse (3-1 a.p.), Lionel Scaloni n’a pas cherché à enjoliver la performance des siens. Le sélectionneur a admis sans détour que son équipe avait souffert, et surtout que le tournant du match lui avait échappé. Un aveu qui intervient au moment même où l’Albiceleste est accusée de bénéficier d’un traitement de faveur arbitral. Retour sur des déclarations qui n’ont pas fini de faire réagir.
Un aveu qui tombe au pire moment
Au micro de TyC Sports, Scaloni a été d’une franchise désarmante. « Nous avons souffert aujourd’hui. Nous savions que c’était une équipe très physique, elle nous a mis en grande difficulté », a-t-il d’abord reconnu.
Puis vient la phrase qui a retenu toutes les attentions. « La vérité, c’est que la chance a été de notre côté aujourd’hui, parce qu’ils ont eu un joueur expulsé et, à partir de là, l’équipe est partie à l’attaque », a-t-il lâché.
Difficile de faire plus clair. Le sélectionneur désigne lui-même l’exclusion de Breel Embolo comme le moment charnière de la rencontre. Ce carton rouge continue d’alimenter la polémique.
Le contraste avec ses propres démentis
Ce qui rend cette sortie particulièrement notable, c’est le contexte. Deux jours plus tôt, en conférence de presse d’avant-match, Scaloni avait balayé les accusations de favoritisme visant son équipe.
« Avec la VAR, il est très difficile qu’on t’avantage. Il n’y a pas de place pour la mauvaise interprétation », avait-il alors affirmé, rappelant que ces critiques accompagnaient l’Argentine depuis des décennies.
Le voilà qui reconnaît, quelques heures après, que le sort a joué en sa faveur. Une nuance importante toutefois : parler de chance n’est pas admettre un complot. Scaloni évoque un fait de jeu, pas une décision orientée. Le sélectionneur avait pourtant dénoncé une campagne contre son équipe.
Une équipe qui avance sur un fil
Au-delà de la polémique, les Argentins sont lucides sur leur niveau de jeu. Buteur d’une frappe magnifique en prolongation, Julian Alvarez n’a rien caché.
« Nous ne jouons pas comme nous le souhaiterions. Une fois de plus, nous avons souffert jusqu’au bout », a reconnu l’attaquant de l’Atlético. Lionel Messi, plus sobre, a évoqué « une victoire très âprement disputée ».
Le constat est partagé : depuis le début de la phase finale, l’Argentine avance dans la douleur. Prolongation contre le Cap-Vert, remontada folle face à l’Égypte, prolongation encore face à la Suisse. Trois matchs, trois frayeurs.
En demi-finale, mercredi à Atlanta, les champions du monde retrouveront l’Angleterre. Un adversaire d’un tout autre calibre, face auquel il faudra convaincre autant dans le jeu que dans le résultat.