« La Coupe du monde n’est pas à vendre » : l’Europe a voté, et pose ses conditions

Gabriel Gromellon

30 juillet 2026 18h29

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« La Coupe du monde n’est pas à vendre » : l’Europe a voté, et pose ses conditions

Crédit Photo - IconSport

Réunies en urgence jeudi, les 55 fédérations européennes ont acté à l’unanimité leur retrait des compétitions FIFA si le projet d’ouverture aux investisseurs privés se poursuit.

Ce n’est plus une menace en l’air. Jeudi après-midi, les 55 associations membres de l’UEFA se sont réunies d’urgence, à distance, pour arrêter une position commune face au projet de la FIFA. Le résultat est sans ambiguïté : aucune sélection européenne ne participera aux compétitions de l’instance mondiale tant que la création d’une filiale commerciale ouverte à des investisseurs privés restera sur la table. Le vote a été acquis à l’unanimité, et le communiqué publié dans la foulée fixe des exigences précises pour revenir en arrière.

Un abandon total, et rien de moins

La formulation retenue par Nyon ne laisse aucune marge de négociation. Le boycott ne sera levé que si les propositions sont abandonnées dans leur intégralité, et si des garanties fermes sont apportées sur le fait que la FIFA n’ouvrira plus jamais sa gouvernance ni ses compétitions à la propriété privée.

Autrement dit, l’UEFA ne demande pas un aménagement du projet mais son retrait, assorti d’un engagement permanent. Le texte affirme que le tournoi ne peut être considéré comme un produit de placement, qu’il constitue l’un des plus grands héritages sportifs du football, et conclut que « la Coupe du monde n’est pas à vendre ».

L’instance dénonce également la méthode, estimant qu’une proposition de cette importance a été conçue en secret et menée presque jusqu’au stade de l’approbation sans consultation réelle. La menace avait été formulée dès mercredi, elle est désormais votée.

Ce que pèsent réellement ces 55 fédérations

Sur le papier, l’Europe ne représente qu’un peu plus d’un quart des 211 membres de la FIFA. Le rapport de force ne se lit pourtant pas en nombre de voix.

Lors du Mondial 2026, six des huit quart-de-finalistes et trois des quatre demi-finalistes venaient du continent européen, l’Espagne l’ayant finalement emporté. Six nations européennes figurent aujourd’hui dans le top 10 du classement mondial.

S’y ajoute le poids économique des championnats et des clubs européens, qui alimentent l’essentiel des revenus commerciaux du football mondial. Un tournoi FIFA amputé de ces sélections perdrait une part considérable de sa valeur pour d’éventuels investisseurs.

Le reste du monde nettement plus prudent

Cette unanimité européenne ne se retrouve pas ailleurs. Les confédérations nord-américaine et asiatique ont regretté l’absence de consultation préalable sans se prononcer sur le fond du projet.

La confédération africaine s’est montrée plus mesurée encore, invitant ses membres à examiner et évaluer la proposition. Cette différence de ton en dit long sur les intérêts en présence, les fédérations les moins dotées étant les premières concernées par les financements promis.

Gianni Infantino a de son côté défendu son initiative en la présentant comme « une opportunité, mais pas une obligation ». Le commissaire européen chargé des Sports, Glenn Micallef, a lui apporté son soutien à la position de l’UEFA sur son compte X.

Le calendrier se resserre. Selon Bloomberg, la FIFA souhaiterait obtenir l’accord de la majorité de ses 211 fédérations avant le 19 septembre. La prochaine compétition concernée par un éventuel boycott serait la Coupe du monde féminine, organisée au Brésil en 2027.