Il a redressé le Milan AC, il s’attaque maintenant aux Girondins

Gabriel Gromellon

2 août 2026 15h50

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Il a redressé le Milan AC, il s’attaque maintenant aux Girondins

Crédit Photo - IconSport

Franck Tuil s’exprime pour la première fois depuis le rachat et revendique son expérience italienne comme modèle pour Bordeaux.

Jusqu’ici, il était resté un nom sur des dépêches. Dimanche matin, Franck Tuil est enfin sorti du silence dans un communiqué commun de Sparta Capital et de Park Bench, son partenaire stratégique. Le fondateur du fonds britannique y raconte les six mois de recherche d’investisseurs qui ont précédé l’opération, révèle le rôle joué par la mairie de Bordeaux, et rappelle son passage au conseil d’administration de l’AC Milan. Un précédent qu’il présente comme la référence de ce qu’il compte entreprendre en Gironde.

Le précédent milanais

La comparaison n’est pas anodine. Ancien de Polytechnique, Franck Tuil a passé une vingtaine d’années chez Elliott Management, où il a piloté l’expansion européenne du fonds américain avant de fonder Sparta Capital en 2021.

Il siégeait au conseil d’administration de l’AC Milan lorsque Elliott a repris le club en 2018, après la défaillance de son propriétaire chinois. Quatre ans plus tard, les Rossoneri étaient champions d’Italie et revendus à RedBird sur une valorisation de 1,2 milliard d’euros.

Tuil évoque des souvenirs de jeunesse liés à Bordeaux et se dit honoré de mener cette reconstruction, qu’il promet d’aborder avec humilité. Il connaît par ailleurs Gérard Lopez de longue date : les deux hommes s’étaient croisés lors du rachat du LOSC en 2017.

Le rôle décisif de la mairie

Le communiqué contient un remerciement appuyé qui n’était jusqu’ici jamais apparu dans ce dossier. Sparta Capital salue le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, et son équipe pour le rôle qualifié de décisif qu’ils ont joué dans l’aboutissement de la transaction.

Élu en mars 2026, l’ancien ministre délégué aux Comptes publics avait rencontré Franck Tuil dès le printemps, avant même l’ouverture des négociations exclusives. La question du stade pèse lourd : Bordeaux Métropole détient une créance de près de vingt millions d’euros sur les loyers de l’enceinte.

Les nouveaux dirigeants annoncent vouloir poursuivre ce dialogue avec la ville et la métropole. Dominique Delport, futur président du club, insiste de son côté sur l’ancrage local du projet.

La DNCG n’a pas encore dit oui

Le texte comporte une phrase qu’il ne faut pas lire trop vite. Sparta y indique que la procédure devant la DNCG suit son cours, et s’engage à démontrer la solidité financière dont le club a besoin.

Autrement dit, rien n’est réglé sur le plan administratif. Le gendarme financier a exclu les Girondins des compétitions nationales, et c’est la levée de cette sanction qui conditionne le déblocage des fonds placés sous séquestre.

Les repreneurs ne cachent pas l’ampleur de la tâche. Ils évoquent une reconstruction longue et promettent de placer les supporters au centre de leurs décisions, tout en assurant vouloir renforcer le centre de formation. L’entourage de Gérard Lopez a lui aussi commenté cette sortie de scène ce week-end.

Le dossier repasse maintenant entre les mains des instances. Sans levée de l’exclusion, l’opération signée vendredi resterait lettre morte.